Drogues: légalisation, la solution ?

La problématique des drogues ainsi que leur consommation est un enjeu essentiel pour notre société. Parce qu’il touche encore plus particulièrement les jeunes, la Fédération des Étudiants Libéraux (FEL) a souhaité jeter un pavé dans la mare. Suite au constat d’échec de la politique de prohibition, nous proposons une nouvelle solution : la légalisation des drogues.

Depuis des temps immémoriaux, la Belgique considère que la prohibition de la drogue est la plus efficace en matière de politiques publiques relatives aux drogues. Le bilan est pourtant catastrophique. Après des années d’une politique de répression inefficace, il faut être réaliste et tirer un constat d’échec : la consommation ne baisse pas, les cartels sont toujours plus puissants, la violence s’est encore accrue et aucun programme efficace de désintoxication n’est proposé.

Ainsi, les USA dépensent chaque année pas loin de 50 milliards de dollars1 et 55% des prisonniers fédéraux sont condamnés pour des faits liés à la drogue2. Dans le même temps, la consommation n’en finit pas d’augmenter. Et en Europe, la situation n’est guère différente…

En revanche, les pays adoptant une position plus progressiste en la matière enregistrent des résultats prometteurs. Au Portugal, par exemple, la dépénalisation a été bénéfique pour les usagers existants, permettant la mise en œuvre d’une véritable politique d’accompagnement et libérant les usagers de la crainte de répressions pénales.

Dès lors, sans remettre en cause la dangerosité des drogues et loin d’inciter à la consommation de celles-ci, les étudiants libéraux plaident pour la mise en place d’une autre approche, en mettant en avant les effets positifs de la légalisation accompagnée d’une éducation approfondie.

Premièrement, cette mesure permettrait de mettre à mal les cartels et ainsi, toute la criminalité qu’ils génèrent (trafic d’armes, prostitutions, meurtres,…). Nous couperions ainsi la tête à une grande nébuleuse criminogène qui pollue de manière considérable notre société. De plus, cette légalisation engendrerait, pour certains pays en développement, de nouvelles recettes considérables pouvant les aider à progresser.

Deuxièmement, une légalisation ferait de la drogue une question de santé publique au lieu d’une problématique d’ordre pénal. Dans les faits, les autorités pourraient concentrer leur action sur la prévention et les personnes dépendantes n’auraient plus peur de demander de l’aide par crainte d’être poursuivies. Il ne s’agit pas là de dire qu’il faut banaliser un phénomène courant mais qu’il faut lutter contre celui-ci par de nouveaux moyens.

Troisièmement, un encadrement étatique permettrait un contrôle sur la qualité. Ainsi, on freinerait considérablement la transmission de MST via des seringues contaminées. On pourrait également imaginer un respect de standard de qualité au niveau de la production avec des contrôles stricts de la part d’organismes reconnus. Sur le terrain, une amélioration de la qualité réduirait clairement les risques encourus actuellement par les consommateurs de drogues.

Quatrièmement, le contrôle global de l’Etat sur la vente de drogues permettrait de dégager des recettes fiscales considérables. Celles-ci pourraient être réinjectées dans des programmes de prévention dans les écoles, chez les jeunes, dans les centres de distributions…

Bien consciente des dangers de la drogue, la FEL est d’avis que cette libéralisation devrait naturellement s’effectuer dans un cadre strict. Concrètement, celle-ci pourrait s’inspirer des règles en vigueur pour le tabac et l’alcool, notamment en interdisant la vente aux mineurs, en interdisant la consommation dans les espaces publics et en prélevant des accises sur leur vente…

De plus, dans un idéal de liberté, la FEL considère qu’un choix libre et basé sur une information complète et détaillée est bien meilleur qu’une interdiction aveugle. Une légalisation des drogues accompagnée d’une information complète permettrait d’offrir ce choix à la population et donc de maximiser le degré de liberté de celle-ci.

Cette légalisation n’aurait donc pas pour but d’inciter à la consommation, mais bien d’encadrer ce processus pour offrir un contrôle aux autorités publiques. C’est seulement par ce contrôle qu’une véritable politique de prévention deviendra possible.

Pour toutes ces raisons et au vu des bons résultats enregistrés dans les pays qui dépénalisent la drogue, la Fédération des Etudiants Libéraux plaide pour une légalisation des drogues !


1 http://www.economist.com/node/13237193, 5 mars 2009.
2http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/07/25/AR2009072501948.html

© Fédération des étudiants Libéraux

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