Pour une ouverture du don de sang aux gays

By 17/05/2008Communiqués

Aujourd’hui, Journée internationale contre l’homophobie, la Fédération des Etudiants Libéraux (FEL) est interpellée par l’actuelle application de la loi relative au don de sang et sur le bienfondé de l’exclusion automatique des donneurs gays. Cette pratique discriminatoire peut pourtant être évitée sans réforme réalisée au détriment de la sécurité transfusionnelle, par le recours au critère de « pratiques à risque ».

En Belgique, si la Loi du 5 juillet 1994 relative au sang et aux dérivés du sang d’origine humaine, par transposition d’une directive européenne, exclut définitivement les personnes « dont le comportement sexuel les expose au risque de contracter des maladies infectieuses graves transmissibles par le sang »[1], la Croix-Rouge et les centres de don rassemblent les homosexuels masculins dans une catégorie intangible de donneurs se voyant refuser la possibilité de donner leur sang.

Pour la Fédération des Etudiants Libéraux, cette interdiction basée de l’orientation sexuelle et le fait que la population gay doive entièrement être catégorisée comme étant « à risque » est une pratique discriminatoire à laquelle il y a lieu de mettre un terme, comme l’a récemment fait la France.

Bien consciente de la nécessité d’arrêter des critères de sélection des donneurs permettant d’éviter, autant que faire se peut, le risque de contamination à une IST par voie de transfusion sanguine, la FEL estime que la prise en considération de « pratiques à risque » et non de groupes ou populations qualifiés comme tel peut pleinement rencontrer le principe de précaution ainsi que les objectifs de santé publique. Divers pays tels le Portugal, la Suède, le Canada ou, dernièrement, la France ont opté pour ce critère où la sécurité des produits sanguins est restée la première des priorités.

Outre la question de la discrimination à l’égard des homosexuels, l’actuelle pratique semble poser un problème de prévention en matière de maladies et d’infections sexuellement transmissibles. Elle conforte dans l’idée que des rapports entre hétérosexuels comportent un risque de contagion moins important qu’entre homosexuels, alors que, bien que statistiquement vrai, on risque d’atténuer inévitablement l’effet positif de la prévention faite à l’égard de tout comportement à risque.

La Fédération des Etudiants Libéraux souhaite voir le législateur fédéral aborder cette question, en concertation avec le secteur de la santé et de la prévention aux IST. Elle défend l’idée que le critère de « pratiques à risque » rencontre les nécessités d’une bonne et sécure politique de récolte de sang. Sans détriment à la sécurité transfusionnelle, ce nouveau critère devrait permettre, de plus, d’élargir le cercle des donneurs.

Ce mercredi, les Commissions Affaires sociales du Sénat et Santé publique de la Chambre auront un échange de vues avec le Directeur médical général de la Croix-Rouge Internationale. La FEL souhaite y voir aborder l’actuelle interdiction faite aux homosexuels masculins dans le sens d’une réforme des actuels critères, base d’une discrimination illégitime et d’un amalgame certain pour les gays en Belgique. Il ne convient, en effet, plus d’exclure des personnes au seul motif de leur orientation sexuelle.

[1] Directive 2004/33EC, article 2.1.

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