Arrêtons l’hypocrisie autour du service minimum

By 15/12/2015Communiqués

Pour donner le ton de la nouvelle année, la CSC et la CGSP ont choisi d’imposer non pas un mais bien cinq jours de grève. Ceux-ci auront lieu les 6, 7, 21, 22 et 23 janvier, autant dire en pleine session d’examens pour les étudiants. Une fois de plus, les syndicats ne font pas les choses à moitié et prennent en otages les travailleurs et particulièrement les étudiants en période d’examens.

C’est dans ce cadre que la Fédération des Étudiants Libéraux (FEL) et les Étudiants Démocrates Humanistes (edH) s’unissent pour appeler à nouveau à la mise en place d’un service minimum des transports en commun durant les examens, cause que nos deux organisations défendent depuis de nombreuses années. Si cette mesure permettait à la Belgique de ne pas être immobilisée, elle offrirait surtout aux étudiants la possibilité de s’organiser et d’éviter ainsi un stress supplémentaire, bien inutile en période d’examens.

Malheureusement, il semblerait que la Fédération des Étudiants Francophones (FEF), le plus important organisme de représentation étudiante en Fédération Wallonie-Bruxelles, ne prenne pas une telle proposition au sérieux. En effet, il y a quelques jours, son président Brieuc Wathelet a tenu publiquement des propos très durs à ce sujet sur les réseaux sociaux : “Je condamne toutes les organisations étudiantes qui réclament un service minimum. C’est une honte. Vous êtes une honte.“ Ce que nous considérons comme une honte, c’est le fait que la FEF fasse une nouvelle fois passer l’intérêt des étudiants au second plan. Nous nous demandons si cette opposition de principe, purement dogmatique, au service minimum reflète réellement l’opinion des 100.000 étudiants qui composent (officiellement) la FEF ?

Et si le service minimum est une solution à ce point inenvisageable de la part des syndicats, nous nous étonnons dès lors de la solution proposée de manière spontanée par des travailleurs de la SNCB, qui consiste à organiser un système de co-voiturage pour les étudiants durant ces jours de grève. S’il s’agit d’une initiative citoyenne des cheminots qu’il convient de saluer et qui vise à dépanner une catégorie d’utilisateurs, celle-ci est symptomatique de l’essoufflement des syndicats et démontre sans doute un certain malaise à l’égard de la position adoptée par ceux-ci. Cette alternative, qui répond aux critères du service minimum, a été mise en place après le mécontentement légitime des étudiants et est de facto un aveu de faiblesse sur la pertinence des mouvements de grève programmés.

Enfin, les modalités de ce co-voiturage restent floues et soulèvent de nombreuses questions. S’il est possible de mettre en place un tel système de co-voiturage, pourquoi n’est-il pas dès lors envisageable d’établir un service minimum? Cette solution n’induit-elle pas une forme de discrimination entre les navetteurs, puisque réservée aux étudiants et non à tous les utilisateurs du rail? Qui seront les chauffeurs? Combien de véhicules seront mis à disposition? Ne doit-on pas s’attendre à de fortes perturbations du trafic routier et, dès lors, comment être sûr du respect des horaires? Autant de questions qui doivent amener les syndicats à davantage de retenue.

Les Étudiants Démocrates Humanistes et la Fédération des Étudiants Libéraux souhaitent l’ouverture d’un vrai débat sur la question et non une fermeture systématique et idéologique de la part de ceux qui représentent les étudiants.

Pour la Fédération des Étudiants Libéraux,
François Lamy
Président
francois.lamy@etudiantsliberaux.be – 02/500-50-55

Pour les Étudiants Démocrates Humanistes,
Guillaume Dos Santos
Président

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