Maintenons mais adaptons les examens dans le supérieur : ils nous permettent d’avancer !

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Dans le débat qui concerne l’organisation de l’enseignement supérieur en temps de crise sanitaire, celui de la tenue des examens continue d’enflammer la toile. Alors que certains demandent l’octroi d’une note administrative de 10/20 à l’ensemble des étudiants, le remplacement des examens par des évaluations formatives, voire leur annulation pure et simple ; à la Fédération des Étudiants Libéraux, nous pensons plutôt que ces examens, sous leur forme certificative, doivent être maintenus. Voici pourquoi.

Premièrement, l’annulation des examens ou leur remplacement par des évaluations formatives aurait des conséquences plus dramatiques qu’on ne le pense. Selon nous, les examens sont un outil indispensable pour certifier de l’acquisition des connaissances et des compétences sur l’année écoulée. Tout au long des études supérieures, ils permettent aux étudiants de savoir où ils en sont et, le cas échéant, de pouvoir combler leurs lacunes. Elles ont donc un rôle salutaire qu’une crise – même de cette ampleur – ne doit pas remettre en cause. Est-ce à dire que la session des examens de juin ne doit pas subir un lifting ? Bien sûr que non. Parce que nous souhaitions justement ne pas léser les étudiants, nous avons, par exemple, défendu une réorganisation des examens. En lieu et place des examens dits « classiques », les établissements d’enseignement supérieur devraient organiser des travaux à distance. Et là où la matière ne le permet pas, il faudrait prioriser les examens à cours ouvert et les oraux. Dit autrement, gardons l’esprit certificatif des examens, mais adaptons leurs modalités ; voilà notre crédo !

Deuxièmement, si nous défendons le maintien des examens dits « certificatifs », ce n’est pas pour autant que nous faisons abstraction de l’impact de la crise sanitaire sur l’apprentissage des étudiants. Pour cette raison et si seulement et si la situation le permet, nous préconisons en parallèle que les universités/hautes écoles organisent, durant l’été, des cours gratuits de remédiation facultatifs. L’enseignement en ligne n’est pas idéal, certains étudiants ne s’y retrouvent pas ou sont perdus face à ce mode de fonctionnement et d’autres éprouvent des difficultés à travailler à distance dans de bonnes conditions, nous pensons par exemple aux étudiants-parents. Proposer des cours de rattrapage permettrait de combler au mieux les lacunes de ces étudiants et de leur offrir une vraie chance de pouvoir réussir leur année.

Troisièmement, même si, de prime abord, l’octroi d’un 10/20 à tous les étudiants parait alléchant, nous estimons qu’il cache en réalité une autre inégalité, sans doute plus dommageable que celle initialement dénoncée. Que fait-on des étudiants qui depuis la rentrée académique se sont donnés corps et âme pour décrocher une mention ? Une mention qui constituera un critère décisif lorsque les établissements d’enseignement supérieur délivreront le sésame pour partir en Erasmus, pour décrocher un stage ou encore en vue de l’accès à un master de spécialisation. Si ce critère n’est plus présent, sur quelle autre donnée les établissements se reposeront-ils ? Le nom, le faciès, les revenus… ? Peut-être que le système actuel, basé sur le mérite, est-il imparfait ; il n’en demeure pas moins le plus objectif au moment du choix entre plusieurs étudiants.

Enfin, tenir ces positions ne fait pas de nous des êtres aveugles ou insensibles. La crise sanitaire et ses chamboulements sur l’enseignement supérieur ont plongé les étudiants dans l’angoisse, le stress, l’incertitude, avec les risques que cela pourrait engendrer sur la santé psychologique de chacun d’entre eux. Il est anormal que les étudiants aient à subir les événements. En tant qu’organisation de jeunesse, nous le regrettons profondément. Malgré tout, nous savons aussi à quel point la situation est compliquée pour les établissements d’enseignement supérieur, amenés à revoir leur organisation dans un laps de temps très court. Eux aussi ont été pris au dépourvu. Les manquements constatés chez certains membres du corps professoral ne doivent pas effacer la bonne volonté et les efforts dont auront fait preuve une majorité de professeurs. Ainsi, à l’approche des examens, les mots d’ordre doivent être souplesse, compréhension et solidarité. Plus généralement, une fois la crise passée, nous demanderons que chacun puisse tirer ses enseignements. Les difficultés d’aujourd’hui devront, demain, être traduites en opportunités.

© Fédération des Étudiants Libéraux

Un retour en classe pour les élèves du secondaire ?

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Comme nous avons eu pour habitude de le dire durant cette crise, le mot d’ordre est « à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles ». Nous sommes bien conscients qu’aucune réponse ne sera pleinement satisfaisante et qu’il est capital de prendre en compte toutes les réalités. Sans être exhaustifs, nous suggérons dans cet article quelques pistes pour préparer la rentrée annoncée (pour le 18 mai ?) et concevoir l’année scolaire 2020-2021.

1. Pourquoi renvoyer les élèves à l’école ?

Il apparait aujourd’hui important que les élèves reprennent doucement le chemin de l’école. Mais ne vous méprenez pas, nous ne défendons pas l’idée selon laquelle il faudrait les y renvoyer pour que les parents puissent retourner au boulot ; non, l’école n’est pas une garderie. Elle doit rester ouverte pour aider les parents qui doivent travailler, mais pas pour permettre aux parents d’aller travailler. La nuance est importante car ce serait un argument indéfendable d’un point de vue sanitaire. Si nous pensons qu’il serait préférable que les enfants et adolescents retournent en classe, c’est avant tout parce qu’ils ont besoin de se reconnecter à la vie scolaire et sociale. L’école revêt une dimension pédagogique et aussi humaine. Aujourd’hui, il convient évidemment d’éviter qu’un certain retard d’apprentissages ne s’accumule ; notons cependant qu’il est bon de relativiser la profondeur de ce retard, car les élèves ont eu cours jusqu’au 13 mars, cette année scolaire n’est donc pas perdue. Les semaines sans cours engendreront certes des lacunes qu’il faudra combler, mais celles-ci ne seront pas insurmontables. Surtout, nous pouvons espérer une certaine souplesse des professeurs qui, lorsque la prochaine année scolaire débutera, seront conscients des potentielles fragilités de leurs nouveaux apprenants. Nous ne le dirons jamais assez, mais le caractère inédit de la crise impose(ra) à tous les acteurs de s’adapter à une réalité bousculée. Ce qui importe avant tout c’est de s’assurer que les élèves ne se déconnectent pas trop de l’école. Beaucoup s’essoufflent de « télé-apprendre » et certains ont totalement décroché. Et ne parlons même pas du renforcement des inégalités qu’induit la crise actuelle. Un retour à l’école permettra aux élèves d’avancer dans leurs apprentissages, de retrouver un cadre scolaire mais aussi et surtout d’échanger, de partager, de retrouver leurs camarades de classe.

2. Comment renvoyer les élèves à l’école ?

Selon nous, la reprise des cours devrait se faire de manière graduelle et analogue dans toutes les communautés de Belgique. Le retour à l’école doit être sécurisé, partiel et adaptatif. Les différents acteurs qui l’envisagent ne doivent pas faire l’économie d’un schéma bien défini au préalable. Effectivement, le virus ne va pas se volatiliser, nous devrons apprendre à vivre avec lui, il s’agit donc d’élaborer un plan de reprise viable qui tienne compte de tous les éléments de l’équation. Nous insistons particulièrement sur la nécessité de prendre en considération les réalités de terrain. Les contraintes liées aux infrastructures (nombre et grandeur des locaux, des espaces récréatifs…), au personnel (disponibilité des professeurs et autres acteurs, égard à ceux qui sont à risque…), aux factualités extérieures (gestion des transports en commun…) doivent être pleinement étudiées. Nous devrons probablement apporter des réponses différentes en fonction des établissements. Toutefois, plusieurs lignes directrices nous semblent souhaitables voire indispensables.

Premièrement, la sécurité sanitaire des élèves mais aussi de l’équipe pédagogique doit être une absolue priorité. Les enseignants et autres protagonistes de l’école sont des êtres humains que nous ne souhaitons aucunement voir assimilés à de la chair à canon. Pour veiller à la santé de tout un chacun, l’accès à des tests de dépistage, la mise à disposition de masques et la prévoyance en suffisance de gel hydro-alcoolique sont des prérequis indispensables avant d’entrevoir un potentiel retour en classe. Et au-delà du matériel obligatoire de protection, des consignes et balises claires doivent être mises en œuvre. Il est en effet difficile d’imaginer que la distanciation sociale telle qu’on l’entend aujourd’hui puisse être poursuivie dans les meilleures conditions au sein des établissements scolaires, ceux-ci n’étant pas des lieux prévus pour assurer une distance d’1m50 entre ses locataires. Cela implique que des gestes barrières, bien essentiels pour se protéger du virus, et des règles de vie doivent être appliqués. Une occupation alternée des locaux et un nettoyage plus régulier que de coutume de ces derniers doivent par ailleurs être aménagés. Pour désengorger un peu les établissements, il serait sans doute concevable de diviser les classes en sous-groupes, ou de répartir les cours sur des demi-journées avec certaines classes qui auraient cours le matin, d’autres l’après-midi, ou encore de diminuer la semaine de 5 jours de cours à 2 ou 3 journées seulement. L’important est de veiller à ce que les groupes ne se mélangent pas afin de limiter les risques de contamination. Il est clair également que des directives en cas d’infection doivent être communiquées aux écoles afin que celles-ci puissent réagir au plus vite.

Deuxièmement, après s’être assuré d’avoir tout mis en œuvre pour protéger tant les élèves que les professeurs, nous souhaitons que l’école reprenne progressivement, étape par étape, à savoir classe par classe. Nous pensons que les élèves de rhétorique, de sixième secondaire ou encore de septième année professionnelle doivent retourner en premiers à l’école. La raison est assez simple. Dans quelques mois, ceux-ci auront, pour la plupart, une nouvelle histoire à mener. Les uns décideront de débuter un nouveau chapitre dans l’enseignement supérieur ; les autres choisiront d’entamer leur parcours professionnel. Parce qu’il est justement indispensable que ces élèves puissent finaliser et fixer les apprentissages essentiels à l’approche de leurs nouveaux défis, ce sont eux qui doivent prioritairement regagner les bancs de l’école. Une fois cette première étape franchie avec succès, et si et seulement si la situation sanitaire le permet, nous estimons qu’il serait bon que d’autres classes puissent graduellement réintégrer l’école. Nous pensons évidemment aux élèves de première année qui rencontrent plus d’obstacles face à un apprentissage à domicile exigeant beaucoup autonomie, mais aussi à ceux qui arrivent en fin de degré, les deuxième et quatrième années. Ce retour progressif de tous les écoliers doit être un horizon sans être une obligation, car il dépend de l’évolution de la situation sanitaire dans notre pays. Pour autant, quelle que soit la date de reprise des dernières classes, même s’il s’agit de la mi-juin, nous sommes convaincus que cela en vaut la peine. Car comme expliqué précédemment, l’important est de reconnecter les élèves avec leur école.

Cette rentrée échelonnée, nous permet d’aborder notre troisième point. Toutes les classes ne retourneront pas à l’école aux mêmes dates et certains élèves resteront donc plus longtemps à la maison. Ils devront alors encore composer avec cet enseignement à distance proposé depuis le début du confinement. Or, ce passage par le numérique n’est clairement pas la panacée, notamment parce que certains n’ont que peu voire pas accès aux exercices et cours en ligne. Dès lors, en attendant qu’un retour physique en classe soit envisageable pour tous, il faut pouvoir proposer de réelles aides pour les élèves subissant de plein fouet la fracture numérique, renforçant de ce fait les inégalités sociales dans le monde scolaire. Certaines dispositions ont déjà été prises afin de leur fournir du matériel, continuons dans ce sens. Les appels aux dons pour financer du matériel, les partenariats avec les asbl, le reconditionnement dans un court délais des outils informatiques défectueux, la mise à disposition d’ordinateurs et imprimantes qui seraient inutilisés dans les entreprises… Pensons aussi, pour l’avenir, à peut-être faire appel à un principe de partenariat-public privé encadré par des garde-fous. En temps de crise, soyons ingénieux !

Quatrièmement, il ne faut pas sous-estimer le facteur psychologique. La situation engendre son lot de complexités et d’incertitudes auprès des élèves, et de leur famille, qui ont vu leur quotidien et leur réalité complètement chamboulés. Cet aspect psychique doit être pris en compte et un soutien doit être mis en place. Si nous voulons que tout se passe bien, qu’ils grandissent, apprennent, s’épanouissent dans de bonnes conditions, nous devons préserver la santé physique de nos apprenants, mais également leur bien-être mental. Sans doute serait-il envisageable d’inclure dans les horaires des temps d’explication et de réflexion autour de cette crise. D’une part, il serait pertinent de prévoir des moments où l’on explique aux élèves comment et pourquoi se protéger et protéger les autres, car si les règles sont comprises par ces derniers, ils les appliqueront plus facilement. D’autre part, il serait bénéfique d’avoir des moments où les élèves puissent se confier ; des tables de discussion ou des entretiens privés, des moments de partage ou d’introspection pourraient ainsi voir le jour afin que chacun puisse déposer son ressenti, exprimer ses peurs et trouver du réconfort. L’école doit être un lieu rassurant.

Le cinquième et dernier point nous permet de revenir avec une revendication chère à notre organisation de jeunesse et déjà exprimée lors d’une campagne sur le Pacte d’excellence : revoyons les rythmes scolaires ! S’il ne s’agit certes pas d’une urgence, la situation nous invite à reconsidérer ces rythmes en vue d’aider à pallier le temps perdu. À l’approche des sacro-sainte vacances d’été, il serait bon de profiter de cette période pour diminuer le retard accumulé ou combler les matières imparfaitement assimilées. Juillet et aout, nous nous en doutons déjà, seront sans nuls autres pareils ; organisons pour les élèves des dispositifs d’accompagnement et de remise à niveau afin d’éviter des redoublements plus nombreux dans les prochaines années. L’idée, ici, serait, par exemple, de permettre à quiconque le souhaite, et dans la pleine gratuité, de suivre des cours auxquels il n’a pas pu participer pendant le confinement et d’ainsi pouvoir consolider un peu mieux certains apprentissages. Pour les enseignants qui se porteraient volontaires à la dispense de ces cours de remédiation, il va sans dire qu’une juste récompense en deniers serait la bienvenue.

3. Comment gérer l’année prochaine ?

Il est bien entendu primordial de d’abord penser à aujourd’hui et de trouver des solutions aux problèmes actuels. Nous nous permettons cependant de déposer ici quelques proposions pour l’année académique 2020-2021.

Tout d’abord, les futurs étudiants ne seront pas fins préparés comme leurs prédécesseurs à pousser les portes de l’enseignement supérieur. Il nous parait par conséquent utile de prévoir des cours préparatoires gratuits pour leur entrée dans de prochaines études. Les hautes écoles ou universités sont particulièrement à même de pointer les prérequis dont auront besoin leurs futurs étudiants. Dans ce cadre, celles-ci pourraient organiser des cours préparatoires appropriés à la situation. Certaines mettent déjà à disposition des cours préparatoires d’été, il s’agirait ici de les adapter, de les rendre plus généraux que d’habitude et de considérer les éventuelles déficiences générées par la crise. Ces cours spécifiques pourraient avoir lieu la première quinzaine de septembre, voire dès la fin du mois d’aout.

Ensuite, quelle que soit la date de reprise des cours dans les écoles secondaires, les élèves ne seront pas formés de la même manière et n’auront probablement pas acquis toutes les compétences habituellement attendues pour accéder à l’année suivante. Pour que les professeurs puissent s’appliquer à les remettre sur les rails, il importe de leur donner l’occasion de s’organiser. Il faut leur accorder le temps de se consulter, la permission d’adapter les programmes et les moyens d’installer des cours de remédiation pour l’année scolaire à venir. N’oublions pas également que la question de la pénurie est toujours d’actualité et que les bouleversements occasionnés par la situation ne vont que l’accentuer, il est donc plus que nécessaire de donner aux directeurs d’école la liberté et la possibilité d’engager du personnel supplémentaire.

Enfin, le confinement a mis en lumière les carences numériques qui sévissent au sein de certains établissements scolaires… Qu’elles soient de l’ordre des nécessités matérielles ou de la performance humaine, il est substantiel de résoudre, dans les prochaines années, ces insuffisances. Il convient d’encourager les écoles à entrer davantage dans l’ère du digital en leur prodiguant en suffisance un équipement fonctionnel et adéquat et en leur offrant de bonnes formations aux outils numériques.

S’il est vrai que nos indications et propositions paraissent ambitieuses, il n’en reste pas moins évident que face à cette situation sans précédent, nous devrons sans nul doute faire appel à des moyens considérables et à des ressources insoupçonnées.

CARTE BLANCHE – Comment pallier les heures d’école perdues pendant le confinement?

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Face au coronavirus, il convient de prendre les meilleures décisions dans l’intérêt de nos cadets. Cette crise ne doit pas nous faire oublier qu’ils sont à la fois des enfants ou des adolescents et qu’ils sont aussi des élèves. Dans l’immédiat, prenons soin d’eux et pensons à leur développement personnel. En parallèle, considérons également leurs apprentissages et la fin de cette année scolaire. Car si le confinement se prolonge, une réorganisation de l’école fondamentale et secondaire sera à envisager. Et qui sait, ce que cette triste situation provoque comme urgence mènera peut-être à une réflexion plus large sur les rythmes scolaires.

 

Imaginons intelligemment la fin de l’année

Je pense qu’aujourd’hui, il faut prioriser le bien-être des plus jeunes d’entre nous. Ce sont des éponges et comme les adultes, ils vivent cette période avec angoisse et incertitude. Ne les submergeons pas d’obligations scolaires, ils ont besoin de temps pour appréhender au mieux la situation et se ressourcer au sein du cocon familial. Laissons momentanément de côté les cahiers d’école pour ouvrir la page sur une éducation différente, sur le développement d’autres savoirs et compétences prodigués par les circonstances. De plus, les cours à domicile creusent les inégalités scolaires. Car même si aucun nouvel apprentissage ne peut être abordé, dans les faits, ces leçons et travaux divergent en proportion, teneur et suivi en fonction des établissements et des enseignants. Or, tous les élèves n’ont pas acquis la même autonomie, tous les parents n’ont pas les moyens de s’improviser professeurs, toutes les familles ne sont pas équipées pour l’enseignement à distance. Que ce soit dans le primaire ou le secondaire, une bonne instruction nécessite des échanges, des interactions ; il nous faut attendre qu’ils puissent reprendre le chemin de l’école pour leur donner à tout un chacun un enseignement de qualité.

Toutefois, je crois qu’il serait aussi utile de songer à demain et à la fin de l’année scolaire. Il faudra rattraper voire lisser les apprentissages et diplômer les élèves arrivés au terme de leur parcours. Dans cette optique, prolonger l’école de deux semaines pendant les vacances d’été est une piste intéressante même si cela risque d’être compliqué à organiser. Nous devrions en effet affronter les obstacles qui se dresseraient devant nous : la gestion de l’aspect financier, dont on ne peut hélas totalement se défaire ; la mise en place des épreuves externes certificatives comme le CEB, le CE1D et le CESS(1) ; l’annulation des activités et séjours déjà réservés ; ou tout simplement, la déception face à l’envie de profiter de la vie et de bénéficier de l’entièreté de ses vacances. Mais je dirais que toute situation unique a ses mesures exceptionnelles et que tout problème à sa résolution, même partielle. Pour les deux semaines de prestation supplémentaires, il serait par exemple difficile de revoir à la hausse les salaires des équipes pédagogiques, mais faire appel à leur solidarité tout en proposant une prime de vacances plus conséquente cette année pour reconnaitre leurs efforts pourrait constituer un bon compromis.

Dans l’urgence, je suggère de prolonger l’année scolaire de deux semaines et de raccourcir la période d’examens. Continuons les cours jusqu’à la fin du mois de juin et délivrons aux élèves un bulletin mêlant contrôles continus et examens finaux. Il s’agirait de tenir compte de l’évaluation continue pour les matières qui s’y prêtent et de proposer une session d’examens allégée en début juillet pour les autres. Cette formule permettrait aux élèves d’atténuer le retard accumulé pendant le confinement tout en maintenant la certification des savoirs de base. En outre, je recommande de ne pas perdre ces deux semaines de vacances, mais de plutôt les reporter. Ainsi, chacune d’entre elles serait annexée aux périodes de congé d’une semaine de l’année 2020-2021. Le prolongement en juillet serait alors compensé et inviterait plus largement à repenser à plus long terme le calendrier scolaire.

Revoyons judicieusement les rythmes scolaires

J’ose espérer que cette formule inédite pourrait déboucher sur des décisions plus durables. Allonger l’école de deux semaines en juillet serait en effet l’occasion de revoir les rythmes scolaires et d’enfin mettre en place une idée avancée à plusieurs reprises ces dix dernières années – notamment lors de l’adoption du pacte d’excellence – et défendue par la Fédération des étudiants Libéraux lors d’une précédente campagne(2). Le projet propose de limiter les vacances estivales à 6 semaines et d’alterner de manière régulière des périodes de sept semaines de cours avec deux semaines de pause. Ainsi, en plus des vacances d’hiver (Noël) et de printemps (Pâques), il y aurait aussi quinze jours pour les congés d’automne (Toussaint) et de détente (Carnaval). Remarquons qu’une seule semaine de congé casse le rythme de l’élève sans même lui offrir un véritable repos. De plus, la période hivernale est source de fatigue pour tout le monde. Cette nouvelle répartition permettrait donc une meilleure récupération des apprenants et des enseignants en cours d’année.

Qu’il n’y ait pas de malentendu, je n’invite certainement pas à supprimer des jours de vacances mais bien à les déplacer, à opérer un rééquilibre. Obliger les élèves à passer plus de temps sur les bancs de l’école ne va pas les mener à apprendre plus de choses, ils ont besoin de jours de relâche. Non seulement pour apprendre ce que l’on n’enseigne pas en classe, mais aussi pour assimiler ce qu’ils ont justement appris en classe. Raccourcir les vacances d’été et allonger les périodes de congé intermédiaires permettrait d’une part, d’éviter que les apprentissages acquis ne s’estompent trop lors des six semaines d’inactivité scolaire et d’autre part, de répartir les moments de détente, car les élèves ont besoin de pauses régulières pour intégrer les nouvelles connaissances et recharger leurs batteries.

Je suis consciente qu’il faudrait bousculer notre gestion du temps, nos habitudes de consommateurs et se détacher des rythmes sociaux et professionnels qui sont notamment liés aux fêtes religieuses. Mais rappelons que cette coupure de deux mois pendant l’été remonte à une époque où les nécessités étaient bien différentes. Aujourd’hui, la raison principale de ces si longues vacances est tout simplement économique. Or, il importe avant toute autre considération de tenir compte des réalités des élèves. L’enjeu n’est donc pas tant de vouloir diminuer les vacances d’été qui sont devenues un fait culturel, mais de laisser plus de temps pour les vacances intermédiaires, parce que les écoliers, comme les professeurs, en ont vraiment besoin.

Cette période de confinement, nous ne l’avons pas voulue. Elle perturbe nos enfants et adolescents et elle impose aux écoles des aménagements rapides et désagréables. Devant cette situation sans précédent, faisons tous preuve de bienveillance et de souplesse pour parvenir à passer le cap sans trop de dommages pour nos jeunes. Et au-delà, quand le calme après la tempête sera revenu, osons appréhender d’autres modes de fonctionnement et remettre à jour l’organisation calendaire des écoles en l’adaptant mieux au rythme d’apprentissage de nos élèves.

(1)CEB = Certificat d’étude de base / CE1D = Certificat d’études du 1er degré / CESS = Certificat d’enseignement secondaire supérieur
(2)https://issuu.com/libertines/docs/fel_brochure_pacteexcellence_210x21

Carte blanche rédigée par Coralie Boterdael dans le cadre de ses fonctions de Détachée pédagogique au sein de la FEL

De la nécessité de mesures «exceptionnelles» pour les étudiants

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La crise du Covid-19 affecte tout le monde, y compris les étudiants. Confinement oblige, ceux-ci sont désormais tenus de suivre les cours à distance jusqu’à la fin de l’année académique. Une réalité inédite qui amène, avec elle, son lot d’incertitudes, de craintes et de stress. En tant qu’Organisation de Jeunesse, présente sur plusieurs campus universitaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles, nous avons évidemment à cœur de défendre les intérêts des étudiants. Plus que jamais, le mot d’ordre est «à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles ». Et s’il nous semble évident qu’il n’y a pas de mesure miracle et qu’aucune réponse ne sera pleinement satisfaisante, nous tentons cependant de proposer les moins mauvaises des solutions.

Organisation des examens

    • Conscients de l’incertitude face à laquelle se trouve les établissements d’enseignement supérieur, nous avons imaginé trois scénarios bien distincts auxquels nous répondons par des solutions différentes.

      • Scénario n°1  Le dé-confinement progressif est mis en place et les examens de fin d’année peuvent se tenir dans des dispositions « normales », à savoir en auditoires/classes. Le cas échéant, les universités, hautes écoles et écoles d’art veilleront à adapter la tenue des examens en fonction des mesures sanitaires qui continueraient à être appliquées.
      • Scénario n°2  Le confinement est maintenu ou les mesures sanitaires restent très strictes et les établissements d’enseignement supérieur décident de ne pas organiser d’examens en auditoires. Dans ce cas précis, nous les invitons à mettre en place des évaluations à distance en privilégiant les travaux, ou si la matière ne s’y prête pas, en optant pour des examens écrits à cours ouverts et en ligne ou des examens oraux via entretien vidéo. Pour les étudiants qui ne possèdent pas de connexion internet ou dont la connexion est défaillante, les établissements d’enseignement supérieur devraient alors pouvoir mettre à leur disposition des salles informatiques, tout en veillant à faire respecter les prescrits sanitaires.
      • Scénario n°3  La situation s’aggrave et les établissements d’enseignement supérieur sont dans l’incapacité d’organiser les examens d’ici la fin de l’année académique. Dans ce cas, nous proposons que ceux-ci soient reportés en juillet voire en aout. Il va sans dire que ce dernier scénario est celui qui nous semble être le plus déplaisant.

Cours d’été
Si l’évolution de la situation le permet, nous préconisons en parallèle l’organisation de cours de remédiation facultatifs à l’université pendant l’été. L’enseignement en ligne n’est pas idéal, certains étudiants ne s’y retrouvent pas ou sont perdus face à ce mode de fonctionnement et d’autres éprouvent des difficultés à travailler à distance dans de bonnes conditions, nous pensons par exemple aux étudiants-parents. Proposer des cours de rattrapage permettrait de combler au mieux les lacunes de ces étudiants et de leur offrir une vraie chance de pouvoir réussir leur année.

Stages étudiants
Même si ceux-ci ne font pas l’objet d’une annulation officielle, il n’en demeure pas moins que la crise a un impact considérable sur leur organisation. Si certains étudiants ont pu poursuivre leur stage, en télétravail ou en présentiel, d’autres n’ont pas eu cette chance et vivent des moments bien plus incertains. Pour cette catégorie d’étudiants, il convient de rapidement leur apporter une alternative qui ne mette pas en danger la suite de leurs études, tout en tenant compte des réalités très diverses.

      • Premièrement, l’étudiant qui a vu son stage être annulé doit pouvoir le reporter à l’été 2020. Si, pour des raisons indépendantes de sa volonté, il n’est pas en mesure de le prester durant cette période, l’absence de stage ne devra en aucun cas pénaliser l’étudiant en vue de l’obtention de son diplôme.
      • Deuxièmement, dans le cas où la réalisation du mémoire/travail de fin d’étude est liée à la poursuite d’un stage, l’étudiant doit avoir le choix entre deux possibilités. Soit, il effectue son stage, sans minerval à payer, au Q1 de l’année 2020-2021. Soit, l’étudiant doit pouvoir revoir, de commun accord avec son établissement d’enseignement supérieur, déterminer un nouveau sujet de mémoire/travail de fin d’étude qui ne nécessiterait pas la réalisation d’un stage.

Dans la mesure du possible, nous demandons aux autorités académiques de faire preuve de souplesse et de compréhension, surtout s’agissant d’une situation dont les étudiants ne sont aucunement responsables.

Logements étudiants
Nombre d’étudiants ont dû se résoudre à quitter leur kot pour retourner au foyer familial, laissant derrière eux un logement inoccupé et inutilisé. Certains, dans l’incapacité de pouvoir réaliser régulièrement leur job étudiant, risquent même de ne pouvoir payer leur loyer. Malheureusement, crise ou pas, celui-ci continue d’être perçu et met potentiellement en difficulté un certain nombre de familles ou d’étudiants. Bien conscients que les décideurs politiques sont dans l’impossibilité de s’immiscer dans la relation qui lie bailleur et locataire, nous les enjoignons cependant à jouer un rôle décisif dans cette crise. Après les mesures de soutien, bien légitimes, destinées, par exemple, au secteur économique, un geste envers les étudiants et les familles durement impactés par la situation est vivement souhaité. Les idées ne manquent pas :

      • Création d’un fond d’urgence ;
      • Intervention financière – décidée au cas par cas et selon un prorata défini – dans le loyer mensuel de l’étudiant ;
      • Incitants financiers invitant à plus de souplesse de la part des propriétaires (ex. réduction du précompte immobilier).

Il est évident que les mesures mises en place ne devraient pas, en retour, léser les propriétaires. Nous en appelons, aussi, au bon sens et à la solidarité de la communauté universitaire disposant de logement d’étudiants. Le non-paiement des charges mensuels, déjà décidé en certains endroits, est une première étape. L’étalement des loyers – voire la suspension jusqu’à nouvel ordre – des loyers en est une autre. Nous savons à quel point la situation actuelle s’avère extrêmement compliquée pour les étudiants d’enseignement supérieur, amenés à devoir revoir leur organisation dans un laps de temps très réduit, mais nous savons aussi les valeurs qui les portent. C’est cela qui nous amène à penser qu’en ces temps incertains, ils sauront faire preuve de la solidarité espérée. Enfin, à court-terme, nous invitons les étudiants concernés à également se tourner vers les propriétaires et à proposer un arrangement à l’amiable. Ceux-ci n’ont rien à y perdre.

Jobs étudiants
Parmi les étudiants, sont particulièrement touchés, ceux pour qui le job étudiant est indispensable pour subvenir à leurs besoins. Avec la crise et compte tenu du confinement obligeant par exemple les commerces non-alimentaires et le secteur de l’horeca à fermer, certains ne peuvent plus prester leurs heures habituelles et doivent désormais composer avec de moindres revenus. Pour cette raison, nous pensons qu’un fond d’urgence doit voir le jour. Celui-ci serait spécifiquement dédié aux étudiants les plus précarisés. Une autre solution, sans doute moins facile à mettre en place, serait de généraliser le chômage technique pour une durée limitée pour les étudiants qui, du fait de la crise actuelle, ne sont plus en mesure d’exercer leur job étudiant.

© Fédération des Étudiants Libéraux
Contact : Adrien Pironet – Président national

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