Carte blanche – Réforme des bourses étudiantes, la classe moyenne sacrifiée ?

By 07/09/2016News

L’actualité de cette rentrée est marquée par l’enseignement supérieur et les carences des réformes du Ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt. Entre la saga des numéros INAMI où le manque de courage politique l’emporte sur le bon sens et une réforme des bourses étudiantes qui reçoit un avis défavorable de l’Inspection des finances craignant un « dérapage budgétaire majeur », ça sent la seconde sess’ pour le Ministre Marcourt.

A la veille des congés parlementaires, le Ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, accompagné du président de la FEF (Fédération des étudiants francophones) en fin de mandat, annonçait  fièrement la suppression du critère de réussite dans l’octroi des bourses aux étudiants du supérieur et ce dès cette rentrée académique. Une surprise tant pour l’opposition puisque cette augmentation budgétaire n’apparaissait nullement dans l’ajustement budgétaire du mois de juin que pour le cdH, pourtant partenaire de majorité, qui affirme être opposé à la mesure. Comme le révélait l’UNECOF (Union des étudiants de la Communauté française), cette déclaration est également incompréhensible pour le groupe de travail du secteur réunissant l’Administration, le cabinet du Ministre, les syndicats et les différentes associations d’étudiants, puisque les conclusions à propos de cette mesure spécifique étaient négatives. Cette annonce est donc politiquement discutable.

Le plus alarmant est l’avis défavorable de l’Inspection des finances qui craint un dérapage budgétaire majeur. La mesure devrait toucher quelques 8800 étudiants, ce qui représente une dépense supplémentaire de plus ou moins 7 millions d’euros chaque année. A ces jeunes viendront sans doute s’ajouter d’autres étudiants qui habituellement n’introduisent pas de demande d’allocation d’études. Cette annonce est d’autant plus surprenante qu’en septembre 2015, des décisions étaient prises afin de précisément réduire les coûts liés aux allocations d’étude. En effet, il a été décidé par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de durcir les critères d’octroi de ce ballon d’oxygène pourtant bien nécessaire pour des milliers d’étudiants. Le Ministre Marcourt justifiait alors ce choix : « aujourd’hui, les bourses coûtent déjà plus de 60 millions d’euros par an. En cette période de difficulté budgétaire, il ne fallait pas que cela passe à 70 ou 75 millions. On a donc dû rectifier les choses ». A moins d’une reprise économique fulgurante uniquement perçue par les experts du cabinet Marcourt ou d’un coup de génie signé André Flahaut, le presqu’oublié Ministre du Budget de la FWB, cette décision est économiquement incompréhensible.

Quitte à réformer le système, pour autant que le budget le permette, pourquoi ne pas laisser l’aspect « réussite » au cœur de la démarche. Avec le système actuel, seules les familles aux revenus particulièrement modestes peuvent prétendre à l’octroi d’une bourse. Le bon sens voudrait que l’on élargisse les critères d’octroi, tout en conservant un « joker » pour les boursiers, afin de donner une chance à davantage d’étudiants de mener sereinement des études. Notamment en faire bénéficier la classe moyenne si souvent oubliée. Trop souvent, le financement des études supérieures pèse lourd dans le budget des familles de la classe moyenne. Pour le bon sens de Jean-Claude Marcourt, on repassera. Pour ne rien arranger, deux semaines avant la rentrée académique, c’est le flou le plus complet. Faute à un timing incohérent, les services sociaux des établissements d’enseignement supérieur, censés aider les étudiants dans leurs démarches administratives afin de prétendre à une bourse d’étude, sont tout simplement dans l’incapacité de leurs fournir quelle qu’information que ce soit. Cette réforme est source d’insécurité sociale. Alors que de nombreux étudiants, boursiers ou non, apprentis médecins achèvent leur seconde session, le Ministre de l’Enseignement supérieur ferait bien de préparer ardemment la sienne.

cedric2Cédric Pierre,
Président de la FEL
0478/225354
02/500 50 55

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

X