De la nécessité de mesures «exceptionnelles» pour les étudiants

By 01/04/2020Communiqués
La crise du Covid-19 affecte tout le monde, y compris les étudiants. Confinement oblige, ceux-ci sont désormais tenus de suivre les cours à distance jusqu’à la fin de l’année académique. Une réalité inédite qui amène, avec elle, son lot d’incertitudes, de craintes et de stress. En tant qu’Organisation de Jeunesse, présente sur plusieurs campus universitaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles, nous avons évidemment à cœur de défendre les intérêts des étudiants. Plus que jamais, le mot d’ordre est «à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles ». Et s’il nous semble évident qu’il n’y a pas de mesure miracle et qu’aucune réponse ne sera pleinement satisfaisante, nous tentons cependant de proposer les moins mauvaises des solutions.

Organisation des examens

    • Conscients de l’incertitude face à laquelle se trouve les établissements d’enseignement supérieur, nous avons imaginé trois scénarios bien distincts auxquels nous répondons par des solutions différentes.

      • Scénario n°1  Le dé-confinement progressif est mis en place et les examens de fin d’année peuvent se tenir dans des dispositions « normales », à savoir en auditoires/classes. Le cas échéant, les universités, hautes écoles et écoles d’art veilleront à adapter la tenue des examens en fonction des mesures sanitaires qui continueraient à être appliquées.
      • Scénario n°2  Le confinement est maintenu ou les mesures sanitaires restent très strictes et les établissements d’enseignement supérieur décident de ne pas organiser d’examens en auditoires. Dans ce cas précis, nous les invitons à mettre en place des évaluations à distance en privilégiant les travaux, ou si la matière ne s’y prête pas, en optant pour des examens écrits à cours ouverts et en ligne ou des examens oraux via entretien vidéo. Pour les étudiants qui ne possèdent pas de connexion internet ou dont la connexion est défaillante, les établissements d’enseignement supérieur devraient alors pouvoir mettre à leur disposition des salles informatiques, tout en veillant à faire respecter les prescrits sanitaires.
      • Scénario n°3  La situation s’aggrave et les établissements d’enseignement supérieur sont dans l’incapacité d’organiser les examens d’ici la fin de l’année académique. Dans ce cas, nous proposons que ceux-ci soient reportés en juillet voire en aout. Il va sans dire que ce dernier scénario est celui qui nous semble être le plus déplaisant.

Cours d’été
Si l’évolution de la situation le permet, nous préconisons en parallèle l’organisation de cours de remédiation facultatifs à l’université pendant l’été. L’enseignement en ligne n’est pas idéal, certains étudiants ne s’y retrouvent pas ou sont perdus face à ce mode de fonctionnement et d’autres éprouvent des difficultés à travailler à distance dans de bonnes conditions, nous pensons par exemple aux étudiants-parents. Proposer des cours de rattrapage permettrait de combler au mieux les lacunes de ces étudiants et de leur offrir une vraie chance de pouvoir réussir leur année.

Stages étudiants
Même si ceux-ci ne font pas l’objet d’une annulation officielle, il n’en demeure pas moins que la crise a un impact considérable sur leur organisation. Si certains étudiants ont pu poursuivre leur stage, en télétravail ou en présentiel, d’autres n’ont pas eu cette chance et vivent des moments bien plus incertains. Pour cette catégorie d’étudiants, il convient de rapidement leur apporter une alternative qui ne mette pas en danger la suite de leurs études, tout en tenant compte des réalités très diverses.

      • Premièrement, l’étudiant qui a vu son stage être annulé doit pouvoir le reporter à l’été 2020. Si, pour des raisons indépendantes de sa volonté, il n’est pas en mesure de le prester durant cette période, l’absence de stage ne devra en aucun cas pénaliser l’étudiant en vue de l’obtention de son diplôme.
      • Deuxièmement, dans le cas où la réalisation du mémoire/travail de fin d’étude est liée à la poursuite d’un stage, l’étudiant doit avoir le choix entre deux possibilités. Soit, il effectue son stage, sans minerval à payer, au Q1 de l’année 2020-2021. Soit, l’étudiant doit pouvoir revoir, de commun accord avec son établissement d’enseignement supérieur, déterminer un nouveau sujet de mémoire/travail de fin d’étude qui ne nécessiterait pas la réalisation d’un stage.

Dans la mesure du possible, nous demandons aux autorités académiques de faire preuve de souplesse et de compréhension, surtout s’agissant d’une situation dont les étudiants ne sont aucunement responsables.

Logements étudiants
Nombre d’étudiants ont dû se résoudre à quitter leur kot pour retourner au foyer familial, laissant derrière eux un logement inoccupé et inutilisé. Certains, dans l’incapacité de pouvoir réaliser régulièrement leur job étudiant, risquent même de ne pouvoir payer leur loyer. Malheureusement, crise ou pas, celui-ci continue d’être perçu et met potentiellement en difficulté un certain nombre de familles ou d’étudiants. Bien conscients que les décideurs politiques sont dans l’impossibilité de s’immiscer dans la relation qui lie bailleur et locataire, nous les enjoignons cependant à jouer un rôle décisif dans cette crise. Après les mesures de soutien, bien légitimes, destinées, par exemple, au secteur économique, un geste envers les étudiants et les familles durement impactés par la situation est vivement souhaité. Les idées ne manquent pas :

      • Création d’un fond d’urgence ;
      • Intervention financière – décidée au cas par cas et selon un prorata défini – dans le loyer mensuel de l’étudiant ;
      • Incitants financiers invitant à plus de souplesse de la part des propriétaires (ex. réduction du précompte immobilier).

Il est évident que les mesures mises en place ne devraient pas, en retour, léser les propriétaires. Nous en appelons, aussi, au bon sens et à la solidarité de la communauté universitaire disposant de logement d’étudiants. Le non-paiement des charges mensuels, déjà décidé en certains endroits, est une première étape. L’étalement des loyers – voire la suspension jusqu’à nouvel ordre – des loyers en est une autre. Nous savons à quel point la situation actuelle s’avère extrêmement compliquée pour les étudiants d’enseignement supérieur, amenés à devoir revoir leur organisation dans un laps de temps très réduit, mais nous savons aussi les valeurs qui les portent. C’est cela qui nous amène à penser qu’en ces temps incertains, ils sauront faire preuve de la solidarité espérée. Enfin, à court-terme, nous invitons les étudiants concernés à également se tourner vers les propriétaires et à proposer un arrangement à l’amiable. Ceux-ci n’ont rien à y perdre.

Jobs étudiants
Parmi les étudiants, sont particulièrement touchés, ceux pour qui le job étudiant est indispensable pour subvenir à leurs besoins. Avec la crise et compte tenu du confinement obligeant par exemple les commerces non-alimentaires et le secteur de l’horeca à fermer, certains ne peuvent plus prester leurs heures habituelles et doivent désormais composer avec de moindres revenus. Pour cette raison, nous pensons qu’un fond d’urgence doit voir le jour. Celui-ci serait spécifiquement dédié aux étudiants les plus précarisés. Une autre solution, sans doute moins facile à mettre en place, serait de généraliser le chômage technique pour une durée limitée pour les étudiants qui, du fait de la crise actuelle, ne sont plus en mesure d’exercer leur job étudiant.

© Fédération des Étudiants Libéraux
Contact : Adrien Pironet – Président national

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