Enfin, un système plus juste pour les étudiants jobistes !

By 08/07/2016News

Le dossier était sur la table du Conseil des Ministres depuis quelques jours, enfin il a été adopté : le régime des jobs étudiants sera désormais plus flexible. Il a en effet été décidé par le Gouvernement Michel de comptabiliser le quota autorisé pour le travail étudiant en heures de travail, à hauteur de 475 et non plus en jours, qui s’élevaient à 50. Cette réforme entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2017.

Selon la Fédération des Étudiants Libéraux, cette réforme va indéniablement dans le bon sens. Actuellement, avec le calcul en nombre de jours, que la personne ait presté 1h ou 7h30, le résultat reste le même, un jour complet est déduit. Ce principe somme toute ridicule engendrait indéniablement du travail au noir. En effet, rares sont les étudiants qui prestent une journée complète dans l’HoReCa, par exemple. Dès lors, au lieu de compter trois jours de travail de 2h30, l’employeur regroupait ces trois prestations sur une seule journée, au plus grand bénéfice des deux parties mais en toute illégalité.

De plus, l’horaire et le calendrier étudiant ne sont-ils pas incontestablement variables, et ce encore davantage depuis le Décret Paysage ? Certaines semaines sont plus chargées en raison des séances de travaux pratiques, de davantage d’heures théoriques exceptionnelles, d’activités extra-académiques, etc. alors que d’autres semaines sont inversement moins remplies, ce qui peut précisément permettre aux étudiants de prester quelques heures supplémentaires, et ce maintenant sans la crainte de perdre une des cinquante journées autorisées.

En tant que organisation de jeunesse en contact permanent avec les étudiants, et comme en atteste les différentes études, dont celle de l’agence intérim Randstad, nous pouvons attester sans le moindre doute qu’une large majorité des étudiants sont demandeurs de davantage de flexibilité.

C’est donc avec vigueur que la FEL rejette les propos tenus le 28 juin dernier dans un article publié par la RTBF par Brieuc Wathelet, le Président de la Fédération des Étudiants Francophones (FEF), qui a une fois de plus défendu, sans surprise, une position purement dogmatique à ce sujet.

« Nous sommes opposés par principe au travail étudiant. Un cursus normal dans les études supérieures représente une quarantaine d’heures par semaine. Si vous y ajoutez la révision et les nécessaires loisirs, il n’y a plus guère de place pour autre chose, si l’on veut suivre une scolarité normale. Alors, travailler 50 jours par an en plus, c’est forcément pénalisant.» Certes, certains étudiants doivent affronter un horaire si chargé, toutefois de nombreux autres se retrouvent avec une dizaine d’heures de cours par semaine, ce qui leurs laisse allégrement le temps pour travailler quelques heures afin de payer leurs études, leur kot ou encore financer leurs loisirs. Et ce, comme nous l’avons déjà rappelé, d’autant plus depuis le Décret Marcourt qui permet précisément d’étaler les années d’étude. De plus, de par cette affirmation, Brieuc Wathelet considère que le job étudiant est tout simplement impossible durant les mois d’été, ce qui reste pourtant une réalité pour des centaines de milliers d’étudiants. In fine, il n’est évidemment pas question de travailler 50 jours ou rien, contrairement à ce que laisse entendre le Président de la FEF. Chaque étudiant est évidemment libre de travailler autant de temps qu’il le désire dans cette limite de 50 jours, fixée à 475 heures à partir du 1er janvier 2017.

Par ailleurs, selon nous, l’intérêt du job étudiant ne réside pas seulement dans son aspect pécuniaire, il permet également aux jeunes de découvrir le monde du travail, de l’entreprise et d’apprendre une autre rigueur, discipline que celle du monde scolaire. Ces éléments sont incontestablement des atouts non-négligeables lorsqu’à terme ces jeunes devront entrer sur le marché de l’emploi.

Pour finir, toujours dans le même article, Brieuc Wathelet a tenu un discours qui nous a pour le moins interpellé : « […] les jobistes sont sous-payés, leurs droits ne sont pas respectés et on les force à travailler au noir ». Comme nous avons déjà pu l’expliquer, c’est notamment à partir de ce constat que le Gouvernement Michel a décidé de réformer le travail étudiant dont son ancienne formule, manifestement anachronique, favorisait le travail au noir. En outre, tout étudiant jobiste doit désormais rendre une attestation Student@work à son employeur détaillant le nombre de jours restants qu’il peut encore prester. La fraude a toujours existé et c’est pour cette raison que le Gouvernement fédéral renforce les contrôles, toutefois certains groupes se sont systématiquement opposés à ce genre de pratiques… Enfin, affirmer que « les jobistes sont sous-payés » est tout simplement faux, étant donné que le travail étudiant, dans les limites fixées par le législateur, repose sur le principe de la prestation à un taux de cotisations sociales réduit, voire nul.

C’est donc avec une grande satisfaction que la Fédération des Étudiants Libéraux accueille cette excellente nouvelle venue du Gouvernement Michel permettant enfin aux jobistes, s’élevant à pas moins de 480 000 en 2015, de travailler une paire d’heures par jour sans qu’une journée complète soit déduite de leur quota. Alors que nous nous interrogeons une fois de plus sur les positions défendues par la FEF, censée représenter l’ensemble de la communauté étudiante, qui se tient à nouveau à sa ligne dogmatique bien connue.

 

Cédric Pierre,
Président de la FEL

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

X