Maintenons mais adaptons les examens dans le supérieur : ils nous permettent d’avancer !

By 05/05/2020Communiqués

Dans le débat qui concerne l’organisation de l’enseignement supérieur en temps de crise sanitaire, celui de la tenue des examens continue d’enflammer la toile. Alors que certains demandent l’octroi d’une note administrative de 10/20 à l’ensemble des étudiants, le remplacement des examens par des évaluations formatives, voire leur annulation pure et simple ; à la Fédération des Étudiants Libéraux, nous pensons plutôt que ces examens, sous leur forme certificative, doivent être maintenus. Voici pourquoi.

Premièrement, l’annulation des examens ou leur remplacement par des évaluations formatives aurait des conséquences plus dramatiques qu’on ne le pense. Selon nous, les examens sont un outil indispensable pour certifier de l’acquisition des connaissances et des compétences sur l’année écoulée. Tout au long des études supérieures, ils permettent aux étudiants de savoir où ils en sont et, le cas échéant, de pouvoir combler leurs lacunes. Elles ont donc un rôle salutaire qu’une crise – même de cette ampleur – ne doit pas remettre en cause. Est-ce à dire que la session des examens de juin ne doit pas subir un lifting ? Bien sûr que non. Parce que nous souhaitions justement ne pas léser les étudiants, nous avons, par exemple, défendu une réorganisation des examens. En lieu et place des examens dits « classiques », les établissements d’enseignement supérieur devraient organiser des travaux à distance. Et là où la matière ne le permet pas, il faudrait prioriser les examens à cours ouvert et les oraux. Dit autrement, gardons l’esprit certificatif des examens, mais adaptons leurs modalités ; voilà notre crédo !

Deuxièmement, si nous défendons le maintien des examens dits « certificatifs », ce n’est pas pour autant que nous faisons abstraction de l’impact de la crise sanitaire sur l’apprentissage des étudiants. Pour cette raison et si seulement et si la situation le permet, nous préconisons en parallèle que les universités/hautes écoles organisent, durant l’été, des cours gratuits de remédiation facultatifs. L’enseignement en ligne n’est pas idéal, certains étudiants ne s’y retrouvent pas ou sont perdus face à ce mode de fonctionnement et d’autres éprouvent des difficultés à travailler à distance dans de bonnes conditions, nous pensons par exemple aux étudiants-parents. Proposer des cours de rattrapage permettrait de combler au mieux les lacunes de ces étudiants et de leur offrir une vraie chance de pouvoir réussir leur année.

Troisièmement, même si, de prime abord, l’octroi d’un 10/20 à tous les étudiants parait alléchant, nous estimons qu’il cache en réalité une autre inégalité, sans doute plus dommageable que celle initialement dénoncée. Que fait-on des étudiants qui depuis la rentrée académique se sont donnés corps et âme pour décrocher une mention ? Une mention qui constituera un critère décisif lorsque les établissements d’enseignement supérieur délivreront le sésame pour partir en Erasmus, pour décrocher un stage ou encore en vue de l’accès à un master de spécialisation. Si ce critère n’est plus présent, sur quelle autre donnée les établissements se reposeront-ils ? Le nom, le faciès, les revenus… ? Peut-être que le système actuel, basé sur le mérite, est-il imparfait ; il n’en demeure pas moins le plus objectif au moment du choix entre plusieurs étudiants.

Enfin, tenir ces positions ne fait pas de nous des êtres aveugles ou insensibles. La crise sanitaire et ses chamboulements sur l’enseignement supérieur ont plongé les étudiants dans l’angoisse, le stress, l’incertitude, avec les risques que cela pourrait engendrer sur la santé psychologique de chacun d’entre eux. Il est anormal que les étudiants aient à subir les événements. En tant qu’organisation de jeunesse, nous le regrettons profondément. Malgré tout, nous savons aussi à quel point la situation est compliquée pour les établissements d’enseignement supérieur, amenés à revoir leur organisation dans un laps de temps très court. Eux aussi ont été pris au dépourvu. Les manquements constatés chez certains membres du corps professoral ne doivent pas effacer la bonne volonté et les efforts dont auront fait preuve une majorité de professeurs. Ainsi, à l’approche des examens, les mots d’ordre doivent être souplesse, compréhension et solidarité. Plus généralement, une fois la crise passée, nous demanderons que chacun puisse tirer ses enseignements. Les difficultés d’aujourd’hui devront, demain, être traduites en opportunités.

© Fédération des Étudiants Libéraux

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