“Ils veulent être l’Etat”

By 22/11/2008Libr' Expression

Que le président du PS, dans les colonnes du Soir (22/11/2008), s’en prenne au MR est de bonne guerre à l’approche d’une échéance électorale pour laquelle les sondages donnent son parti quelque 10 % de moins qu’en 2004. Mais comme il déclare se placer sur le plan du combat d’idées, je ne peux lui laisser affirmer des contrevérités. Prétendre que « les libéraux veulent détruire l’Etat » est en totale contradiction avec les principes et les actes posés par les libéraux. Contrairement aux socialistes nous voulons un Etat dans lequel les citoyens sont libres. L’Etat ne peut donc pas être omnipotent ni s’occuper de tout, mais lorsqu’il doit intervenir, pour assurer la sécurité par exemple, il doit être le plus efficace possible.

Tel est un des nombreux paradoxes que l’on peut déceler dans cet article du Soir : c’est précisément au moment où le ministre libéral des finances, Didier Reynders, recommande semblable intervention de l’Etat pour secourir l’épargne, l’entreprise et l’emploi, que le président du PS identifie le libéralisme à un antiétatisme sauvage. Autre paradoxe, l’affirmation selon laquelle le socialisme serait favorable à l’économie de marché : n’est-ce pas oublier que les statuts du PS recommandent toujours en leur article 1 la lutte des classes ? C’est-à-dire le contraire absolu de l’économie de marché.

Par ailleurs identifier libéralisme et capitalisme, c’est mélanger à la grosse louche des concepts et des réalités différents. Il est ainsi aisé de déclarer que « les libéraux n’ont plus d’idées » et que « l’idéologie libérale est à sa fin », après avoir d’emblée commencé par nier l’ensemble des idées portées par le libéralisme. Or, c’est précisément parce que la démocratie libérale laisse les citoyens être libres, capables de s’unir librement et de poser les meilleurs choix possibles, capables d’affronter l’adversité et de la surmonter que le libéralisme n’est pas prêt, n’en déplaise au président du PS, de disparaître. La liberté humaine a toujours été le meilleur rempart contre les malheurs et la fatalité.

Ce n’est pas l’annonce de Plans et Replans qui crée l’emploi : ce sont les entreprises, les investisseurs, les travailleurs…A ce propos, je constate que pour la première fois, M. Di Rupo relativise de façon catégorique l’impact réel du Plan Marshall : « les budgets, écrit-il, de la Région Wallonne et de la Communauté française ensemble, c’est environ 16 milliards. Or, les recettes du fédéral et de la Sécu, c’est 110 milliards, soit 45 milliards pour les francophones. Vous voyez la balance. » On ne peut mieux dire que les signes de redressement wallons sont davantage dus aux baisses d’impôts en faveur du travail et des entreprises, telles que les ont voulues et obtenues les libéraux au niveau du gouvernement fédéral. Dans le même ordre d’idées, asséner que les classes moyennes ne constituent pas une préoccupation libérale, est tout simplement mensonger. Il suffit de rappeler l’inlassable travail mené, par exemple, par Sabine Laruelle en faveur de cette tranche de la population sur laquelle pèsent de trop nombreuses contraintes résultant des politiques socialistes.

Quant au reproche de « parler à l’oreille des riches », je sais qu’il existe un film intitulé « l’homme qui parlait à l’oreille des chevaux », mais l’intérêt de la formule s’arrête là. En effet, et c’est ce qui dérange nos adversaires socialistes qui ne peuvent plus se présenter comme les seuls défenseurs du monde du travail, le MR n’est pas le pendant du capitalisme laissé à lui-même. Il est le projet politique qui allie liberté et travail, qui voit dans le travail la source de toute liberté, de tout bonheur possible, de toute émancipation, de toute richesse. Nous rassemblons celles et ceux qui travaillent, dans tous les secteurs, privés ou publics, manuels ou intellectuels ; celles et ceux qui sont en recherche d’un emploi, car ils savent que leur liberté, leur sens de la responsabilité, leur dignité personnelle, familiale, sociale, passe par le travail. C’est ce que j’écrivais déjà en 2005, à l’occasion du 1er mai : « Les libéraux réformateurs savent mieux que beaucoup d’autres combien le succès économique, entrepreneurial, est directement fonction de la qualité, à tous les niveaux de responsabilité et de travail, du potentiel humain, de la compétence, du dévouement, du goût du travail bien fait, qui sont la dignité des travailleurs du monde entier. Seul, le capital ne produit aucune richesse effective, n’engendre aucune croissance économique. Capital et travail sont nécessaires l’un à l’autre, ils s’appellent mutuellement au sein de l’économie de marché. Une économie de marché jugée non pas à ses seuls résultats financiers mais au degré de bien-être et de libertés réels dont disposent les gens » (Le Soir, 7 mai 2005).

L’économie n’a de sens que si elle est au service des êtres humains : autre façon d’affirmer que l’économie doit avoir des règles, doit être régulée en ce sens. Mais, à la différence de la volonté socialiste (au titre de M.Di Rupo « Ils veulent détruire l’Etat », je réplique, parlant des socialistes, « Ils veulent être l’Etat ») de s’accaparer l’Etat afin de tout maîtriser, nous nous opposons à ceux qui voudraient, à l’occasion de la crise, réimposer un ensemble de réglementations dont le seul effet, à terme, serait d’empêcher tout développement économique et de maintenir les gens dans la misère ; comme ce fut le cas dans les Républiques Socialistes d’Europe de l’Est.

Richard MILLER

 

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