Inami, à quand la fin du dossier ?

By 15/10/2015Communiqués

Ce vendredi 16 octobre, la FEF et l’Unécof descendent dans la rue pour manifester contre ce qu’ils qualifient « d’immobilisme de nos responsables politiques » en matière de numéros Inami. Cet appel à manifester est intervenu au lendemain d’un ultimatum envoyé par les doyens de médecine aux Ministres Maggie de Block (Ministre de la Santé au fédéral) et Jean-Claude Marcourt (Ministre de l’Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles)

Si la FEF et l’Unécof sont des syndicats étudiants et représentent dans les faits des milliers de jeunes, les Étudiants Libéraux sont également porteurs d’une voix qu’ils souhaitent faire entendre. Selon nous, une réponse concrète et pragmatique à cette question est nécessaire.

Plutôt que de parler d’immobilisme politique, nous parlerons de « politique politicienne », expression de plus en plus popularisée, pour évoquer ce dossier. Le bras de fer qui s’est engagé entre les deux ministres susmentionnés provient sans conteste du fait que le dossier en cours relève du fédéral et d’une entité fédérée. De plus, chaque portefeuille est dans les mains d’acteurs politiques de couleurs bien différentes. Pointons cependant du doigt que cela n’a pas toujours été le cas et que pendant bien des années, ces deux compétences étaient dans les mains de ministres socialistes. Un retard non négligeable a été pris et provoque aujourd’hui la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Il est temps maintenant que ces questions soient réglées afin que les étudiants en médecine puissent poursuivre sereinement leur cursus et que la population belge puisse avoir l’esprit tranquille quant à l’offre et à la qualité de ses soins de santé.

Pour la Fédération des Étudiants Libéraux, l’examen en fin de Bac1 Médecine mis en place par le Ministre Marcourt n’était absolument pas la solution adéquate. Nous avons milité pour l’instauration un examen d’entrée préalable à la 1ère Bac Médecine et invitons le Ministre Marcourt à revoir ses positions sur la question.

Comment réellement penser que ce concours en fin de 1ère année améliorera la qualité des cours dispensés durant cette année ? Les auditoires resteront surchargés et se posera, comme avant 2008, le problème des « reçus-collés », ces étudiants qui ont réussi leur année mais qui ne peuvent accéder à l’année supérieure. Nous l’avons dit et nous le répétons, ce concours en fin de Bac 1 est un rétropédalage total !

Rappelons qu’en Flandre, l’examen d’entrée est d’application et que le taux de réussite en 1ère bachelier est compris entre 80 et 90%. Dès lors, nous partageons le point de vue de la Ministre de la Santé qui s’interroge sur l’efficacité du filtre mis en place par le Ministre Marcourt.

Cependant, la question du contingentement reste prégnante et si celle-ci se fait à nouveau pressante, c’est parce que nous ne disposons pas encore de données précises sur l’offre exacte de médecins sur le territoire francophone. La Ministre de la Santé désire une analyse complète et réfléchie pour l’avenir de l’offre de soins dans notre pays. La Commission de Planification a donc reçu le mandat pour préparer un avis, sur base de l’analyse du cadastre, en vue de fixer les quotas pour les années 2022 et suivante. Les résultats de cette analyse sont attendus pour le printemps 2016. Nous espérons que cette mesure fera avancer le dossier car attendre plus longtemps reviendrait à prendre en otage des étudiants qui sont dans l’incertitude. Cela, nous ne pouvons le tolérer !

Rappelons qu’en l’état actuel de la situation, nous sommes opposés aux quotas des numéros Inami. Ce contingentement est basé sur un postulat erroné (car jamais démontré) qui voudrait que l’augmentation du nombre de médecins irait de pair avec une augmentation du nombre d’actes médicaux et donc à une augmentation sensible des coûts de la sécurité sociale. Toujours dans l’attente d’un cadastre précis, nous ne pouvons que constater que la pénurie de médecins est un fait. Certaines communes rurales doivent faire face à un véritable déficit de médecins généralistes. De plus, priver un individu, ayant mené à bien ses études, de la possibilité d’exercer la profession pour laquelle il a été formé va à l’encontre de nos principes libéraux.

Nous estimons qu’il est important de définir une politique durable en matière de santé et d’enseignement supérieur et invitons Mr Marcourt et Mme De Block à s’asseoir autour d’une table afin de régler une fois pour toute cette question.

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

X