Kots étudiants à Liège… le Recteur Rentier frappe fort

By 22/07/2008News

Décidément, Bernard Rentier, Recteur de l’ULg, a une vision bien personnelle, pour ne pas dire peu sociale, de l’aide à destiner aux étudiants de son Université. Ainsi sa politique de gestion du patrimoine de l’ULg et, plus particulièrement, des kots précédemment mis en location par l’Institution subit aujourd’hui la critique de la Fédération des Etudiants de l’ULg (Fédé) et des Etudiants Libéraux liégeois de la FELU.

S’il y a quelques temps il s’était distingué en octroyant des taux plus qu’avantageux aux « étudiants méritants à difficulté sociale », lisez « fils de prof » (voir notre précédent article), cette fois-ci, celui-ci collabore à la transformation de logements sociaux pour étudiants en kots de luxe pour « Students ».

Car comme Monsieur le Recteur l’a signalé sur son blog, la gestion du home Ruhl, qui était la seule offre de kots habitables et bon marché dans le centre-ville de Liège, ne l’intéresse plus… Celui-ci décide ainsi de revendre ce fardeau, en échange de quoi il certifiait quand même que le bâtiment bien que privé continuerait à offrir des logements pour étudiants.

Promesse tenue !, dirons-nous. Mais, et l’information nous vient cette fois du journal La Libre, reste à soulever que le nouveau propriétaire, la société City Living, proposera désormais, en lieu et place de kots plutôt sociaux, des chambres tout confort pour étudiant avec, svp : « télés plates, salles de bain perso, mobilier suédois, caméras de surveillance, personnel de nettoyage… le tout dans un design bling bling digne d’un futur décideur bien trendy ». Le tout pour un loyer « très modestes » de 411 euros à 653 euros.

Sans aller jusqu’à généraliser le désintérêt du Recteur Rentier pour la question du logement des étudiants (et familles) à faibles et moyens revenus, à l’ensemble de la question des étudiants en difficulté sociale… les Etudiants Libéraux liégeois critiquent cependant qu’un partenariat public-privé ou qu’une vente à un opérateur privé ait ainsi été conclue au préjudice des étudiants et de l’offre de kots à loyers abordables.

Monsieur Rentier aurait-il oublié une partie des missions de sa charge de recteur ?

Join the discussion 2 Comments

  • ThomasL dit :

    Bonjour,

    Je suis très agréablement surpris de découvrir (tardivement) que le FELU suit la Fédé sur ce dossier. Juste une petite remarque : cet article reprend des bribes d’un texte que j’ai publié sur mon blog :

    http://thle.wordpress.com/2008/07/16/kots-sociaux-kots-de-luxe/

    Il eût été correct de le mentionner et de le référencer en bonne et due forme, à moins que vous ne vous opposiez à un autre cheval bataille du recteur…

    http://recteur.blogs.ulg.ac.be/?p=163

  • Bonjour,

    Votre compte-rendu comporte beaucoup d’inexactitudes et témoigne d’une profonde méconnaissance des dossiers. Mais c’est compréhensible, c’est pour cela qu’il existe un Conseil d’administration (C.A.) où l’on trouve une représentation étudiante substantielle (7).

    1. Ce n’est jamais le recteur qui prend les grandes décisions, c’est le C.A., plus de trente personnes représentant tous les corps et des extérieurs, travaillant sur dossiers documentés. Aucune décision n’est prise sur un coup de tête, à l’improviste ou en fonction d’une humeur ou d’une lubie du recteur.

    2. Vous rappelez les taux avantageux accordés aux « fils de profs ». Sachez qu’il s’agit d’enfants du personnel dont les profs sont la minorité. La plus grande partie de ces taux préférentiels vont à des membres du personnel eux-mêmes (assistants faisant un doctorat), ensuite à des enfants du personnel administratif, technique et ouvrier, enfin, quelques uns à des enfants de profs. Mais quoi qu’il en soit, il ne s’agit nullement d’une mesure « sociale ». C’est un élément de motivation pour le personnel, rien à voir. Pour ce qui est des mesures sociales, nous accordons énormément de tarifs réduits et boursiers, bien au delà de l’obligation légale. L’ULg est l’université de la CFB qui consacre le plus de moyens à l’aide aux étudiants qui en ont besoin (plus de 3 millions d’Euros/an). Votre accusation est donc très injuste.

    3. Vous me faites dire que la gestion du home Ruhl, qui était la seule offre de kots habitables et bon marché dans le centre-ville de Liège, ne m’intéresse plus… Attention! Quand on cite quelqu’un, on doit reproduire exactement ce qu’il a dit. Je n’ai jamais dit ni écrit que le Home Ruhl était la seule offre de kots habitables et bon marché dans le centre-ville de Liège, puisque ce n’est pas vrai et que je ne le pense pas du tout. Et je n’ai jamais dit que ça ne m’intéressait plus, j’ai dit que nous n’avions pas les moyens d’en faire quelque chose d’acceptable par les étudiants, leurs parents, les visiteurs étranger en Erasmus, etc. C’est très différent. Vous oubliez de me citer quand j’écris:  » Il n’est plus aux normes de sécurité incendie/conformité ascenseur/peintures intérieures (mise en ordre: 1,429 millions d’euros). Il n’est plus au goût du jour, toilettes et douches collectives, équipement des années ’60, etc. (mise en état: au minimum 2,5 millions d’euros). Les critiques de parents et d’étudiants étaient virulentes ». Or il n’est pas, à mon avis, correct de proposer des logements inacceptables à des jeunes sous prétexte d’action sociale. L’action sociale consiste à les aider à accéder à des logements convenables. Les moyens de l’ULg sont mieux utilisés dans ces aides que dans l’entretien immobilier, c’est en tout cas ce que deux C.A. successifs et différents, en 2001 et en 2006, on décidé, en toute connaissance de cause.

    4. Je m’étonne de lire que « les Etudiants Libéraux liégeois critiquent qu’un partenariat public-privé ou qu’une vente à un opérateur privé ait ainsi été conclue au préjudice des étudiants et de l’offre de kots à loyers abordables ». Il existe un marché, très demandeur, pour des chambres et studios dans la gamme des prix en question, les rendre disponible n’a donc rien de scandaleux. Et je prétends que ceci ne se fait pas au détriment des étudiants les moins nantis: l’offre de kots à Liège dépasse largement la demande, des solutions moins chères existent donc. Mais ne rêvons pas: vous ne devez certes pas avoir cherché de kot récemment si vous imaginez que le prix demandé à l’ex-Ruhl est tellement au delà du prix du marché pour ce qu’il offre.

    5. Enfin, vous faites table rase de la réaffectation d’une partie du prix de vente du Ruhl à une amélioration de nos logements pour étudiants (il nous en reste près de 400 après la fermeture de la centaine du Ruhl) et à une aide aux étudiants qui logeaient au Ruhl et qui en font la demande (jusqu’ici, depuis 2006, personne n’a rien demandé ni ne s’est plaint de quoi que ce soit…). Je fais remarquer qu’un étudiant pourrait continuer à payer la même chose qu’auparavant au Ruhl aujourd’hui avec notre aide, mais bénéficier d’un confort bien supérieur.

    Faites-moi plaisir: livrez-vous à une petite relecture, plus attentive, de l’article de mon blog sur ce sujet (http://recteur.blogs.ulg.ac.be/?p=203), vous jugerez alors si j’oublie vraiment une partie de mes missions.

    Merci.

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