L’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, une fois de plus, pointé du doigt par les tests PISA

By 07/12/2016Communiqués

Quand allons-nous réagir ?

Les résultats sont tombés hier, l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles se classe en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE, loin derrière la Flandre qui en mathématique remporte la première place pour les pays européens. « Pas si insatisfaisants », nous dit notre Ministre de l’Enseignement, Marie-Martine Schyns, « en légère progression par rapport aux résultats de 2009 » se croit-elle autorisée à tempérer. Ce qu’elle omet de dire, c’est que nous étions parmi les meilleures, il y a 25 ans.

Alors que nous n’arrêtons pas de réformer notre enseignement depuis 25 ans, celui-ci décline !

 

Cherchez l’erreur.

Pourquoi un enfant sortant de 6ème primaire ne sait-il plus lire un livre ?

Pourquoi nos élèves de 5ème professionnelle ne sont-ils même plus capables de comprendre un article du JDE (Journal des Enfants) ?

Pourquoi nos écoles supérieures se plaignent-elle du fait que les rhétoriciens qui leur arrivent ne peuvent plus rédiger un simple travail sans fautes d’orthographe ?

Pourquoi les compétences scientifiques et mathématiques de nos élèves sont-elles si mauvaises ?

Pourquoi ne savent-ils plus faire preuve d’esprit d’analyse, de déduction et de synthèse ?

 

Osons le dire, la réponse à ces questions vient des solutions proposées par les réformes à répétition imposées aux enseignants depuis 25 ans. Depuis Laurette Onkelinx, les Ministres de l’Enseignement qui se sont succédé, à une exception près, ont privilégié les avis des psychopédagogues et le populisme électoraliste plutôt que celui des enseignants, acteurs de terrain. A force de tout théoriser, on enlève le « génie propre » de chaque individu.

Plusieurs voix, certes à faible portée, commencent à s’élever pour s’insurger contre un système qui sous prétexte de réduire les inégalités tirent nos élèves vers le bas. Nous réclamons haut et fort un enseignement de qualité en phase avec notre société. C’est avec un regain d’effort et d’étude que notre enseignement saura relever le défi de rehausser son niveau. Par la même occasion, le politique doit rendre confiance aux professionnels de l’enseignement et aux détenteurs d’une réelle expérience de terrain et non à des universitaires isolés dans leur tour d’argent. De surcroit, notre enseignement est l’un des mieux financés d’Europe, nous ne pouvons donc que nous interroger sur la façon dont cet argent est dépensé au vu de nos résultats scolaires.

Nous en avons assez de ces réformettes qui instaurent des tests standardisés toujours plus faciles les uns que les autres CEB, CE1D, CESS de français, d’histoire. Rendez de l’autonomie aux écoles, aux Directeurs, aux profs qui connaissent la situation de leurs élèves. En 2014 la FEL demandait déjà aux politiques de changer leur fusil d’épaule, de rendre à notre enseignement sa fierté. Force est de constater que rien n’a changé. Oserons-nous attendre un mieux d’ici la fin de cette législature ?

Aujourd’hui, nombreux attendent la solution miracle que devrait apporter le Pacte d’excellence mais la crainte est qu’une fois de plus cette réforme, provocant déjà la défiance des profs, ne fasse l’effet, faute de réelle audace, d’une montagne qui accouche d’une souris.

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