Lettre ouverte aux Jong N-VA

By 26/08/2019Communiqués

Tout d’abord, permets-moi de me présenter. Je parle au nom de la Fédération des Etudiants Libéraux, une organisation de jeunesse qui œuvre, depuis 1974, auprès des étudiants en Fédération Wallonie-Bruxelles, pour plus de liberté, de progrès, d’humanisme et de démocratie. J’aimerais qu’on prenne le temps de discuter, ou plutôt, que tu lises ce que j’ai à te dire. Ce ne sera pas long, promis. Même si, je ne te le cache pas – en tant que bon wallon qui se respecte, j’aime prendre mon temps.

Si je t’écris, c’est que comme beaucoup de mes concitoyens, j’ai été déçu de ton récent tweet où tu annonçais, fièrement comme un lion, la mise à prix de la Wallonie pour un euro symbolique. Déçu, mais pas seulement. A vrai dire, je me suis retrouvé dans les réactions ardemment nourries du monde politique francophone. « Désolant…pas malin…méprisant ». La polémique est lancée, le jubilatoire nationaliste peut commencer.

J’ai longtemps hésité à t’écrire. « Ce ne sont que des mots », me suis-je dit. « C’est de l’humour flamand, ni plus ni moins », fus-je tenté d’ajouter. J’ai, aussi, un peu pouffé sur la photo choisie pour accompagner ta publication. La photo en question illustre les beaux paysages de la campagne de Durbuy. Tu sais, Durbuy, la ville où un certain Marc Coucke – originaire de Merelbeke et accessoirement l’une des plus grandes fortunes belges – investit en masse ? D’ailleurs, les mauvaises langues diront que la ville appartient déjà au milliardaire.

Donc, je te disais que j’avais hésité. Ce qui m’a fait changer d’avis, ce sont les vives tensions communautaires qui rythment l’histoire de notre beau pays depuis tant d’années. Des tensions qui, avouons-le, ne font que s’accentuer. Alors, ce tweet – même dit sur le ton de la rigolade, est, en plus d’être empreint de dénigrement à l’égard des francophones, assez révélateur de l’état d’esprit qui t’habite. Cela, je le regrette profondément. Tu sais, je suis inquiet de la fracture qui ne cesse de se creuser dans la société belge, et plus particulièrement entre les Flamands et les francophones. Je continue à penser que nous avons beaucoup à partager et à apprendre, l’un de l’autre. Tu te demandes certainement d’où vient cet optimisme ? C’est simple, il est à chercher dans ma foi à la jeunesse qui compose le plat pays. Une jeunesse que j’estime florissante et enthousiaste, lucide quant aux défis de demain et consciente de l’avenir qui ne s’annonce pas nécessairement rose. Mais, avant tout, une jeunesse qui vit, dont l’ambition la portera loin, qui fait le pari de construire des ponts entre communautés plutôt que de détricoter ce qui nous unit. Une jeunesse qui, contrairement à d’autres, ne renie pas son existence collective et se fait défenderesse du vivre-ensemble.

Ceci étant dit, j’ai une proposition à te faire. Que dirais-tu que toi et d’autres acteurs de la jeunesse (jeunesses de partis, etc.), l’on se retrouve autour d’une table pour une matinée de réflexion autour du vivre ensemble en Belgique ? C’est à prendre ou à laisser, comme on dit. Tu sais, moi, j’aime mon pays. La Belgique, je la trouve belle et forte. Généreuse dans sa diversité et sa culture. J’ai même une confidence à te faire : jamais, au grand jamais, je ne laisserai le mépris gâcher notre destin commun. Et tu comprendras aisément que, pour reprendre les termes de notre Premier ministre, je me rangerai toujours du bon côté de l’Histoire. Et toi, en feras-tu de même ?

© Fédération des Étudiants Libéraux

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