Migrants aujourd’hui, indésirables demain ?

By 01/02/2018Communiqués

Ces dernières semaines, la question migratoire est sur toutes les lèvres. Les cartes blanches, analyses et autres interviews se succèdent. Sur les réseaux sociaux, l’humain n’en sort pas nécessairement grandi, tant les commentaires sont parfois emplis de haine. Résultat ? Le clivage est tel que le débat se polarise autour de deux conceptions parfaitement antinomiques de la gestion de la « crise des migrants ». Après une prise de recul plus que nécessaire, et compte tenu de l’émergence de ces fractures sociales, il est temps d’exprimer une prise de position citoyenne.

Un libéralisme tourmenté
En tant que (jeunes) libéraux, nous sommes évidemment attachés aux libertés individuelles de chacun, et considérons que l’humain doit être placé au centre de toutes préoccupations. Le respect de la dignité humaine, c’est cela qui importe. Par ailleurs, les théories libérales – classiques et contemporaines – nous invitent à considérer la gestion de la crise actuelle avec moins de restrictions que ne le fait notre gouvernement. Évidemment, une immigration libre, telle que prônée par certains, est certainement utopique à court-terme, mais ne doit pas être oubliée pour autant. Elle doit guider notre idéal libéral à l’avenir. Peut-on en vouloir à un Homme de quitter son pays, lorsqu’en proie à des sérieuses persécutions, il vient se réfugier en Belgique ? Nous n’irons pas non plus jusqu’à corroborer les propos de Pascal Salin, qui rappelle régulièrement ceci : « Comment pourrait-on défendre le libre-échange, c’est-à-dire la libre circulation des marchandises et s’opposer par la force au libre mouvement des hommes? » Car évidemment – en évitant tout simplisme – se pose aussi la question des terroristes susceptibles de profiter de ce déplacement de population pour rejoindre notre pays. Malheureusement, c’est une éventualité qu’on ne peut mettre de côté. Vous l’aurez compris : face à un enjeu tel que celui de la « crise migratoire », le libéralisme est à la croisée des chemins.

Une action citoyenne courageuse  
Honnêtement, difficile de critiquer les mouvements citoyens, tant l’action menée par ceux-ci est admirable. Peu importe la récupération politique qui en est faite par certains (et qu’on ne peut que regretter), l’essentiel est ailleurs. Il s’agit là d’un bel élan de solidarité, d’hommes et de femmes sensibilisés par la question humanitaire, qui agissent, pour la plupart, en se positionnant par-delà le clivage politique. En outre, cela démontre à quel point la société civile – sous toutes ses composantes – a un rôle essentiel.

L’immigration comme gain (et non un coût !)
Plusieurs études (ici, ici, ici ou encore ici) le démontrent : l’immigration ne constitue pas un frein aux performances économiques étatiques, bien au contraire. Si elle est engendreuse de certains coûts (inévitables) à court-terme, correctement encadrée, elle représente un potentiel non-négligeable. Évidemment, pour bénéficier d’un tel gain, l’Etat doit veiller à intégrer au mieux les personnes immigrées. D’une part, cela passe par un accès rapide au marché du travail (formations linguistiques…). Certains secteurs en pénurie ne seraient certainement pas opposés à cette main d’œuvre. D’autre part, il est aussi et surtout question de l’intégration sociale. En effet, les situations de discrimination et de racisme dont peuvent être victimes les migrants constituent un sérieux obstacle à leur inclusion au sein de notre pays. Plus que jamais, la crise actuelle démontre la nécessité d’avoir un débat de fond sur la question. Les solutions de repli ont rarement porté leurs fruits…

L’Europe, la solution ?
Jusqu’à preuve du contraire, la « crise migratoire » ne touche pas seulement la Belgique, mais bien l’Union européenne dans son entièreté… Parce que nous sommes des Européens convaincus, nous aimons croire que l’Europe constitue la solution. Dans notre Doctrine sur l’Union européenne, nous avons ainsi plaidé pour une position européenne commune qui permettrait de gérer efficacement les enjeux migratoires. D’abord, une plus grande solidarité inter-étatique (logistique, financière, etc.) est souhaitable, notamment envers les pays dits de « première ligne ». Ensuite, l’UE doit remédier au manque d’information qui règne, tant au niveau des réfugiés qui arrivent dans un pays qui leur est inconnu, qu’au niveau des citoyens des Etats. Par ailleurs, le règlement Dublin III devrait être révisé car il est largement décrié et montre régulièrement ses limites. Enfin – et nous continuerons à le mettre en exergue – le droit international et les droits de l’homme ne peuvent être bafoués.

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