N’est-il pas temps de reconnaître que le décret inscription ne fonctionne pas ?

By 03/07/2018Communiqués

L’année scolaire s’est achevée ce vendredi 29 juin. Les classes laisseront maintenant la place à 60 jours et 60 nuits de calme, de silence et de vacances bien méritées pour élèves et professeurs…

Cependant, il n’est pas question de vacances paisibles pour tout le monde, puisque ce ne sont pas moins de 802 élèves et familles qui passeront un été dans l’incertitude la plus totale. 802 élèves qui sont encore sur liste d’attente et ne savent donc pas dans quel établissement ils seront admis pour leur entrée dans les études secondaires. A titre indicatif, l’année passée à la même période, ils n’étaient que 551 (communiqué de la Commission inter réseaux des inscriptions). Plus encore, signe de l’aggravation du phénomène, des écoles du Hainaut sont pour la première fois « touchées ». Face à cette augmentation, une question évidente se pose : n’est-il pas temps de reconnaître le dysfonctionnement du décret inscription ?

Si la volonté de donner des chances de réussite égales à chaque élève au sortir de l’enseignement est louable et souhaitée par la FEL, sa mise en œuvre actuelle ne permet visiblement pas d’atteindre les objectifs fixés initialement.

La méritocratie a laissé libre place à une forme d’égalitarisme aux relents destructeurs de ce qui faisait autrefois la qualité de notre enseignement en Belgique francophone. D’ailleurs, ce n’est plus un hasard si la Belgique touche le fond du panier dans les enquêtes PISA de l’OCDE à la différence de l’enseignement néerlandophone qui, lui, excelle.

L’égalitarisme à outrance promu par certains a accentué les inégalités car ce sont les parents des plus nantis qui aujourd’hui remédient aux lacunes de l’école par l’intermédiaire de cours particuliers et autres moyens assimilés. De plus, on notera que ce sont notamment les plus nantis, ou encore les mieux informés qui usent et abusent de subterfuges pour in fine inscrire leurs enfants dans les écoles de leur choix.

Il faut oser avoir le courage d’imaginer le retour d’une certaine forme d’élitisme scolaire, non pas pour ségréguer les élites du reste de la société mais plutôt pour que cette même élite tire le reste de la société comme une locomotive ! En effet, qu’on le veuille ou non, l’élitisme existe et existera toujours puisque certaines écoles dites élitistes n’effectuent plus la sélection à l’entrée des secondaires mais deux ans plus tard, à l’entrée de la troisième classe. Ce n’est pas non plus un hasard si certaines écoles commencent le parcours secondaire avec sept ou huit classes de 1ère pour l’achever avec une ou deux classes de rhétorique…

Évidemment, chaque parent souhaite le meilleur pour sa progéniture, on ne peut le nier. Cependant, ce n’est qu’en trouvant la place optimale de chaque élève dans l’enseignement par une évaluation objective et assidue du niveau de chacun au sortir du primaire qu’on parviendra à orienter au mieux les élèves entrant en secondaire. Ainsi, si un élève a des difficultés au sortir de l’enseignement primaire, il faudra lui proposer une école disposant de moyens supplémentaires pour faire en sorte qu’il puisse combler ses lacunes – là est véritablement l’enjeu. A simple titre d’exemple, pensons à la mise en place de classes plus petites, lesquelles seraient accompagnées d’une remédiation personnalisée. Quant à ceux qui auraient plus de facilités, il faudrait leur proposer des programmes « plus exigeants et diversifiés », de façon à ce que chacun puisse exploiter son potentiel à 100% et s’épanouir au sein de la société.

Finalement, au regard de ces éléments, on ne peut qu’en appeler à l’amélioration substantielle voire à la suppression du décret inscription, tant celui-ci est loin d’avoir rempli son objectif de mixité sociale. Au plus grand dam, une nouvelle fois, des élèves et parents…

Par Laurent Costas
Président de la FEL

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