Numerus clausus : Pas question d’admettre que le gouvernement ajoute l’injustice à l’injustice !

By 17/07/2008Communiqués, News

C’est ce vendredi que le gouvernement de la Communauté française devrait annoncer une mesure visant à permettre aux étudiants ‘reçus-collés’ de Médecine de poursuivre leur cursus, tel que s’y étaient engagés les présidents des deux formations politiques de la majorité.

La Fédération des Etudiants Libéraux, soutenant pleinement le mouvement des étudiants ‘reçus-collés’, craint cependant, d’ores et déjà, que diverses inquiétudes se trouvent, demain, confirmées.

Face à ce même constat et aux premiers échos sur la mesure annoncée, divers étudiants de l’Université de Liège, ‘reçus-collés’ en 2007, ont adressé ce matin une ultime « Lettre ouverte » à Marie-Dominique Simonet et aux différents présidents des partis francophones. Ces étudiants, ceux là mêmes qui avaient l’an dernier saisi la justice, ont aujourd’hui le plein soutien des Etudiants Libéraux.

Il y a ainsi lieu de rappeler quelques obligations morales dont nous ne saurons accepter l’ignorance par l’exécutif de la Communauté française :

Premièrement. Le Gouvernement doit, sans délai, s’engager dans la voie de l’abrogation du décret organisant le numerus clausus. Toute mesure prise en dehors de celle-ci serait le signe évident que la majorité n’a toujours pas pris l’ampleur de l’injustice de ce texte mais également qu’elle s’avère tout bonnement incapable de mener une réforme capitale pour les études de Médecine et pour le monde médical belge. La responsabilité du CDH est ici bien lourde en ce qu’il demeure le seul parti à grossièrement s’opposer à l’idée d’un examen d’entrée.

Deuxièmement. Le Gouvernement doit, demain, arrêter une mesure juste et équitable, sans discrimination au regard de l’année où les étudiants ont été bloqués. Il serait ainsi scandaleux et très certainement contraire au principe d’égalité que des ‘reçus-collés’ de la promotion 2006 ou 2007 ne puissent bénéficier de l’engagement formulé par le duo Di Rupo-Milquet. C’est cette crainte qui a été rappelée dans sa « Lettre ouverte à mes responsables politiques » par Karim Gourari, bloqué en juin 2007 avec une moyenne de 12,44 et sans échec.

Karim, qui menait avec ses camarades d’infortune l’action judiciaire en juillet 2007, tente une fois de plus de sensibiliser le gouvernement sur son avenir : « dans l’attente de la mise en place d’un système de sélection plus juste et moins frustrant pour les années à venir, […] ne semblerait-il pas logique de nous accorder ce pour quoi nous nous sommes tant battus, et ce d’autant plus que ce but tant convoité est en voie d’être octroyé aux promotions 2008 et 2009 répondant aux mêmes conditions ? […] Aussi, je vous en prie, écoutez-nous. »

Arnaud Van PraetPour Arnaud Van Praet, Président de la Fédération des Etudiants Libéraux, il est évident qu’aucune discrimination de ce type ne sera acceptée. « Si une action en justice s’avère nécessaire pour veiller à l’égalité de traitement des étudiants ‘reçus-collés’, la FEL l’intentera aux côtés de ces derniers. Il n’est pas question d’admettre que ce gouvernement ajoute l’injustice à l’injustice. ».

Troisièmement. Le Gouvernement doit, demain également, apporter une réponse claire et logique aux étudiants ayant rencontré un ou plusieurs échecs. Les Etudiants Libéraux tiennent ici à rappeler le droit commun des étudiants à pouvoir bénéficier d’une seconde session ou de l’handicap d’une cote en dessous de 10/20. Or, l’annonce qui devrait être faite demain semble écarter tout simplement les carabins souffrant une telle situation. On ne peut qu’être insatisfait par une telle issue alors que le gouvernement n’a, semble-t-il, pas cherché à savoir le nombre d’étudiants qui, dans cette situation, souhaitent poursuivre leurs études de médecine.

Ainsi, comme elle l’a été lors des précédentes mobilisations étudiantes sur la question du numerus clausus, la Fédération des Etudiants Libéraux sera présente, demain, devant le cabinet de la Ministre Simonet afin de réclamer une juste et équitable considération des étudiants de médecine.

Elle appelle ainsi les étudiants moins concernés à faire marque de solidarité et de contestation face à la gouvernance actuelle qui ne semble toujours pas disposée à traiter sérieusement ce dossier.

Arnaud Van Praet appelle enfin la Ministre Marie-Dominique Simonet, après deux années de dégâts humains, de destruction du moral de nombreux étudiants et de la négation du mérite qui doit leur être reconnu ayant satisfait à leurs épreuves, à faire le bilan de son action sur ce dossier et à en tirer toutes les conséquences politiques.

 

Manifestation devant le Cabinet de la Ministre MD Simonet

Rue Beliard 9-13 à 1000 Bruxelles

Vendredi 18 juillet – dès 14h

Join the discussion 12 Comments

  • dubois dit :

    Et que les etudiants réussissant selon les accords de bologne aient droit au chapitre!

  • Denaive dit :

    Hé quoi,

    Ces students, quand ils se sont inscrits en médecine, ils ne connaissaient pas les règles du jeux. Ils étaient pas au courant ?

  • sebastian dit :

    Bien sur qu’ils connaissaient les règles mais maintenant ils viennent pleurer devant les ministres, c´est scandaleux, ils n´avaient qu’ a étudier comme tout le monde. Un concours reste un concours, si c´est pour tenter de changer les règles á chaque année fallait aller en politique merde quoi!!!!

  • Arnaud dit :

    S’il vous plaît… ne racontez pas n’importe quoi ! Certains des étudiants concernés ont eu le grade de distinction en 2007 et en 2008 tout en restant bloqués par le système du numerus clausus.

    Par ailleurs, trouvez vous normal que l’on bloque des bons étudiants en première année et, carence se faisant sentir, la Belgique soit obligée de faire venir plusieurs centaines de médecins formés à l’étranger ?

    Arnaud
    Président de la FEL

  • Dm dit :

    C’était juste pour vous dire merci pour votre soutien pour l’année des reçus collés 2007! Heureusement il y a encore des gens comme vous qui pensez à nous défendre dans cette injustice! Continuez bien comme ça et encore merci

  • Denaive dit :

    Arnaud,

    Le problème, il est au fédéral et tu le sais très bien.

    C’est pas très joli d’induire les gens en erreur en faisant croire que c’est de la faute du Gouvernement de la Communauté française où le MR n’est pas, à l’heure actuelle.
    Mais c’est vrai que du temps du MR et de Dupuis, c’était mieux. On a d’abord eu droit au numerus après 3 ans d’études, puis plus rien avec le problème que l’on connaît des types qu’on a récupérer d’urgence grâce à l’arrêté royal Onkelinkx. Sinon, c’était le mur assuré…

    Le MR, au fédéral, ne fait rien pour pousser à l’abrogation des quotas de peur de se foutre les flamands à dos. La dernière carte blanche de Bertiaux, c’est du n’importe quoi et du flan. Il suffit d’aller voir chez les flamands, c’est le bordel désormais… Ils ont trop d’inscrits et pas assez de quotas. Et tu le sais très bien…

    Mais bon, quand le MR sera au pouvoir à la Communauté, on aura droit à un joli examen d’entrée ou un concours. Au moins, une chose est certaine… les étudiants de Saint Michel & consorts (dont je viens) réussiront et seront médecins…

    Quant aux autres, venant d’écoles plus défavorisés, ils iront se faire voir… Mais bon, ça, le MR s’en fout… hein Arnaud ?

    Le système de fin de première est le moins pire des systèmes compte tenu des réalités du fédéral, c’est un fait.

  • Agequodagix dit :

    Trois arguments sont souvent cités contre le numerus clausus : 1. il manque de médecins, 2. il y a peu de relation entre le nombre de médecins et les dépenses de santé, et 3. ce système élimine probablement les futurs meilleurs médecins.

    Il y en a d’autres, typiquement « libéraux », qui ne sont pas souvent cités parce que le politique est l’art du possible et que les libéraux doivent également composer avec le fédéral, le régional, le communautaire, et le corporatiste. Par exemple :

    4. Au point de vue de l’individu et de ses libertés, l’Etat ne doit pas décider des vocations professionnelles et intellectuelles de ses citoyens.

    L’Etat ne peut décider de l’avenir d’une société en modelant intellectuellement et professionnellement les futurs membres de cette société. Ce serait « le meilleur des mondes » ! Une société démocratique laisse chacun de ses enfants libre de choisir les compétences qu’il apportera à la société. Les enseignements doivent laisser à l’enfant ou l’étudiant un maximum de choix possibles pour l’avenir.

    Il peut informer sa jeunesse des pénuries ou des pléthores professionnelles actuelles ou prévisibles, et des critères d’évaluation utilisés, mais comment peut-il se soucier d’un numéro INAMI pour des étudiants en médecine qui commencent des études aussi longues et passionnantes? Que sera l’Inami dans dix ans? Que sera la Belgique dans dix ans ? Comment sera le monde dans dix ans? Quelle sera l’ambition du jeune étudiant d’aujourd’hui dans dix ans? Comment parler de numéro administratif au jeune étudiant qui entame des études qui correspondent le plus souvent à une vocation depuis l’enfance? Pourquoi l’Etat ne fixerait-il pas aussi des quotas d’étudiants en fonction du montant des pensions qu’il pourra payer dans quarante ans ?!

    5. Au point de vue de la société, dans une société libre et performante, l’Etat ne devrait pas limiter les compétences intellectuelles,

    en limitant le nombre de diplômes dans des matières essentielles, comme le droit et la justice, la science et la technique, l’économie et l’entreprise, la médecine et la santé, sous prétexte de limiter ses dépenses. L’Etat doit faire ce qu’il peut avec ce qu’il a, et pas ce qu’il veut de ce qu’il a !

    L’Etat pourrait-il fixer un quota de licenciés en droit de peur de ne pouvoir leur garantir à chacun un cabinet d’avocat, une charge de notaire, ou une fonction de magistrat, fixer un quota de licenciés en journalisme de peur de ne pouvoir leur garantir à chacun une carte de presse, fixer un quota de licenciés en économie, parce qu’il craint de ne pas pouvoir garantir à chacun une place de dirigeant d’entreprise, fixer un quota de licencié en sciences politiques pour pouvoir garantir à chacun une fonction publique… ?

    La presse, le droit, l’économie, la science, le politique, la santé…, sont des piliers d’une société libre et performante. Une société peut être jugée notamment sur le nombre de diplômés de haut niveau qu’elle produit. Il ne devrait pas être question de fixer des quotas de journaliste, d’avocats, d’économistes, d’entrepreneurs, de politiciens, de polytechniciens, de scientifiques, de médecins, libres, indépendants, et responsables des fonctions essentielles de la société.

    Il peut y avoir des examens d’entrée ou des exigences de résultat pour veiller à ce que ces rouages essentiels soient de la meilleure qualité possible, mais que l’Etat croie devoir prendre en charge la carrière, la rémunération, et le nombre de juristes, polytechniciens, journalistes, économistes, politiciens, ou médecins dont la société aura besoin pour fonctionner correctement est une tentation totalitaire ou corporatiste.

  • dubois dit :

    Voila, je suis d’accord avec DM et j’en profite pour remercier au passage monsieur Van Praet de se battre pour les reçus-« bloqués » des années précédentes. Je trouve cela intègre de sa part car ces étudiants se sont bien investis et leurs cadets (et je m’en réjouis pour eux) récoltent les fruits de leur bataille pour la justice. Bravo pour l’engagement et le professionnalisme de M Van Praet!

  • Amar G. dit :

    Une réponse à la réaction négative de Dénaive et Sébastien : l’un dit que les étudiants connaissaient les règles et l’autre les traîte de pleurnichards. Apparemment, tous deux, ils ne sont nullement concernés par cette situation. Mais, ce qui est sûr, c’est qu’ils ont un manque flagrant de solidarité avec le combat que mènent ces étudiants. L’injustice, ils n’en connaissent pas sa définition !

    Moi, je suis né pendant l’Algérie Française. J’étais Français jusqu’à l’age de dix ans et puis je retrouvais ma vrai nationalité à l’indépendance. Quelle scolarité ais-je eu pendant ces dix années françaises ? Aucune ! Pourquoi ? Interdiction à l’éducation aux indigènes, aussi simple que ça. Ca, c’est un apérçu de l’injustice. Le numérus clausus en fait partie, sous une autre forme. Alors de grâce, abstenez-vous d’écrire des âneries telles que vous avez énoncées; elles ne sont vraiment pas fondées.

  • Denaive dit :

    Oh que si je suis concerné mon bon Amar… Et je connais particulièrement bien ce domaine… Probablement plus que vous, croyez-moi… Et ce que vous dites n’a rien à voir avec notre enseignement supérieur en CF de Belgique qui, à l’exception d’ingénieur, de dentisterie et de médecine est totalement libre d’accès… Alors pitié, évitez de comparer des pommes et des poires…

    J’ai, par ailleurs, des proches qui ont subit le numerus clausus en fin de troisième, du temps où le MR était au pouvoir… Et à ce moment là, j’ai pas vu la FEL défendre mes amis… Que du contraire… Et certains ont dégustés…

    Et maintenant qu’ils ne sont plus au Gouvernement, changement de tactique… C’est ça qui me déçoit… C’est l’hypocrisie….

    Si le MR était dans ce Gouvernement, il aurait probablement approuvé ce système, comme il l’a fait dans le passé et la FEL ne serait pas en train de soutenir ces students…

    Il n’est pas question d’intégrité, il est simplement question de manoeuvres des partis à la veille d’élections régionales… C’est ça que je déplore…

  • Arnaud dit :

    Monsieur Denaive,

    Je vous rappellerais tout d’abord que si nous sommes heureux de vous voir ici débattre, nous le serions plus encore si vous pouviez le faire de manière courtoise… D’avance merci.

    Je me permets ensuite d’apporter quelques éclaircissements à vos propos :

    Vous avez pleinement raison, le système de sélection à l’issue des 3 premières années de médecine était tout aussi injuste et inapproprié – si ce n’est plus – que le Décret actuel sur le numerus clausus.

    Sachez que la présence du MR dans la majorité qui l’a instauré (et, pour rappel, abrogé) ne nous a jadis pas empêché d’ouvertement critiquer cet ancien système tout comme celui contre lequel nous nous invectivons aujourd’hui. L’abrogation du numerus clausus constitue l’une des positions politiques les plus constantes de notre Fédération en matière de liberté d’accès aux études et ne pas nous avoir vus à un moment donné ne doit pas vous faire présumer une absence sur ce dossier. Certes, n’ayant pas la stature d’un parti politique, il n’est jamais pour nous aisé de faire connaître, en dehors du monde étudiant, nos actions et prises de positions…

    Je vous rappellerais enfin que le MR est au Gouvernement, fédéral pour le coup, celui-là même qui a élargi très récemment le nombre de numéros INAMI. Pour ne citer que lui, le Sénateur Brotchi est, depuis son élection au Sénat, probablement l’un des élus les plus opposés et mobilisés à l’encontre du numerus clausus. Avec ce dernier, et depuis plusieurs mois, la FEL s’est mobilisée en faveur de cet élargissement…

    Sentez vous à l’aise de me répondre ou de prendre contact avec moi si vous souhaitez plus d’informations sur ce dossier.

    Très cordialement,

    Arnaud Van Praet
    Président des Etudiants Libéraux

  • Denaive dit :

    Je ne pense pas avoir manqué de courtoisie, tout au plus avoir secoué un peu le cocotier….

    Pour changer, voici la position des jeunes VLD envoyé par communiqué à la presse… :

    Jong VLD wil afschaffing toelatingsexamen geneeskunde
    Afdeling: Jong VLD Nationaal

    Datum: 25 aug 2008

    Naar aanleiding van het toelatingsexamen geneeskunde pleit Jong VLD nogmaals voor het afschaffen van deze vereiste om de studies geneeskunde of tandheelkunde aan te vatten. De selectie van de beste studenten moet tijdens de studies gebeuren op basis van hun resultaten. Tegelijk pleiten de jonge liberalen voor het afschaffen van de beperking van het aantal studenten dat de vervolgopleidingen tot huisarts of specialist kunnen beginnen.

    Jong VLD verzet zich al jaren tegen elke vorm van toelatingsexamen. De jonge liberalen zijn ervan overtuigd dat studenten die een opleiding aan universiteit of hogeschool willen aanvatten dit in alle vrijheid moeten kunnen doen. Het is essentieel dat zoveel mogelijk studenten een hogere opleiding starten. De universiteit of hogeschool moet dan instaan voor een selectieproces zodat alleen gekwalificeerde en gemotiveerde studenten een einddiploma behalen.

    Tegelijk zijn zelfs studenten die het toelatingsexamen en de eerste jaren doorgeworsteld hebben nog niet zeker dat ze aan de vervolgopleiding kunnen beginnen dankzij de numerus clausus. Jong VLD pleit hier ook al jaren tegen. Deze beperking gaat uit van de waanidee dat de overheid zou kunnen plannen hoeveel dokters er in de toekomst nodig zullen zijn. Hiervoor evolueert de maatschappij veel te vlug en deze planning zorgt dan ook onvermijdelijk voor golven van te veel en te weinig geneesheren. Patiënten willen meer tijd van hun artsen, die zelf hun praktijk beter willen combineren met hun gezin en vrije tijd. Bovendien lijkt het er op dat we in de toekomst zeker niet minder artsen nodig zullen hebben.

    Voor Jong VLD is het duidelijk dat deze door de overheid opgelegde beperkingen falen. Voorzitter Philippe De Backer: “Geef alle jongeren gelijke kansen om de studie te volgen die ze willen. De selectie moet aan de universiteit gebeuren. Tegelijk willen we de numerus clausus afschaffen. We willen studenten meer zekerheid geven dat ze verder kunnen studeren. Deze staatsplanning leidt ook continu tot een teveel of een tekort aan artsen. Jongeren kunnen zelf de verantwoordelijkheid nemen om al dan niet een bepaalde studie te kiezen en moeten dat dan ook in alle vrijheid kunnen.”

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