Quand l’ABSyM tire sur l’ambulance !

By 26/01/2009Communiqués

La Fédération des Etudiants Libéraux (FEL) dénonce les propos aberrants tenus par l’ABSyM dans le Journal du Médecin de ce vendredi plaidant ouvertement pour un statu quo voire pour une diminution du nombre de numéros INAMI délivrés en Belgique.

« Une augmentation des quotas étudiants en médecine du numerus clausus reviendrait à faire payer par les contribuables belges les études des médecins qui iront travailler à l’étranger à cause de la pléthore [de médecins en Belgique] » y affirme Henry Anrys, Secrétaire général des Chambres syndicales pour le Hainaut, Namur et le Brabant wallon, plaidant ainsi pour le non élargissement du numerus clausus INAMI en raison d’une absence de besoins médicaux et d’une forte concurrence entre les diplômés belges et étrangers.

Parler d’excédents dans l’offre médicale belge est particulièrement déroutant de la part d’une association syndicale censée avoir une vision somme toute réelle des conditions de travail de ses affiliés. Il n’est pourtant plus à démontrer, ce depuis un certain temps, qu’une pénurie médicale est bel et bien constatée en Belgique. En témoignent, outre les alertes lancées par bon nombre de praticiens, les chiffres sans équivoques déjà communiqués par la Ministre de la Santé.

Ainsi, invoquer un nombre suffisant de numéros INAMI délivrés alors que près de 50 % des médecins généralistes belges n’exercent pas une activité à temps plein ou que les délais d’attente pour la patientèle s’allonge toujours plus décrédibilise fortement l’ABSyM et jette le doute sur les réelles motivations de ses dernières déclarations.

Pour la seule année 2007, le nombre de médecins quittant la Belgique (537) pour exercer à l’étranger serait fortement supérieur à celui de médecins étrangers (184) s’y installant. Il apparaît alors, pour la FEL, que ces chiffres soient en contradiction évidente avec l’idée de pléthore médicale car contribuant à installer un déficit en médecins et non le contraire. Reste que l’ABSyM tempère, elle-même, son raisonnement avouant ignorer tout chiffre de médecins ‘belges’ revenant prester en Belgique…

S’il ne semble pas devoir être remis en doute le chiffre invoqué de médecins faisant le choix d’exercer à l’étranger, les Etudiants Libéraux entendent rappeler qu’il s’agit encore d’un droit de pouvoir professer dans un autre pays et que le droit communautaire veille à ce qu’aucune entrave ne vienne empêcher la libre circulation des travailleurs au sein de l’Union européenne. Ne faut-il pas mieux comprendre les quelques 2.111 expatriations de jeunes diplômés comme la conséquence non d’une pléthore fictive mais de la recherche de conditions de travail plus favorables au-delà de nos frontières ?

Il est clair, pour la FEL, que le maintien d’une limitation du nombre de médecins, tel que l’appelle l’ABSyM, ne peut se justifier par une volonté de décourager ceux et celles, souhaitant exercer dans un pays ou dans un milieu médical offrant de meilleurs conditions de vie, de quitter la Belgique.

Et l’ABSyM va plus loin. Elle prétend que les médecins spécialisés belges sont plus nombreux à choisir l’étranger pour exercer leur profession car « peinant à trouver un poste », « se trouvant en concurrence avec des diplômés étrangers, notamment Roumains, plus facilement embauchés en hôpital qu’en médecine générale ». Peu enclins à admettre la logique ambigüe du syndicat où le médecin ‘étranger’ prendrait la place d’un médecin ‘belge’, le chassant presque au-delà de nos frontières, les Etudiants Libéraux souhaitent, eux, que le débat porte sur d’autres considérations.

L’équivalence des salaires sans égard au pays du diplôme, la qualité de la formation des médecins engagés au vu des règlementations belges, ou leur connaissance de la langue des patients sont parmi les éléments qui doivent déterminer l’engagement des médecins. C’est cela qui, pour les Etudiants Libéraux, permettra de réguler, à l’avenir, l’immigration médicale et de supprimer une certaine concurrence déloyale sur le marché des médecins.

Les déclarations de l’ABSyM rappellent l’importance du cadastre médical commandé il y a plusieurs mois et dont on attend toujours les données. Mais, quoiqu’il en soit, les Etudiants Libéraux restent convaincus et continuent à plaider pour la suppression pure et simple du système de contingentement fédéral de l’offre médicale. Tout étudiant ayant réussi ses études de médecine doit se voir garantir la possibilité d’exercer la profession médicale de son choix.

 

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  • Jacques Brotchi dit :

    Je vous soutiens à fond dans votre éditorial.

    Pour rappel, j’ai déposé en novembre 2007 (!) au sénat une résolution demandant d’urgence un cadastre de l’activité médicale. Nous l’attendons toujours.

    Je suis personnellement persuadé d’une pénurie et non d’une pléthore mais tant que nous n’aurons pas le cadastre, on pourra nous dire que nous avons tort mais Mme Onkelinkx que j’ai interrogée sur ce sujet jeudi dernier, m’a répondu que le 7 avril nous aurions des réponses préliminaires concernant les médecins généralistes…

    Jacques Brotchi,
    Sénateur MR

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