Sans-papiers, à quand une circulaire ?

By 17/02/2009News

Depuis plusieurs mois maintenant, l’Université Libre de Bruxelles tolère en ses murs l’occupation de sans-papiers, lesquels revendiquent des critères de régularisation plus justes en Belgique. Une situation qui, depuis peu, ne concerne plus la seule université bruxelloise alors que l’Université catholique de Louvain vient d’attribuer un lieu d’occupation à une centaine d’autres sans-papiers.

Si, à Louvain, un lieu inoccupé a pu être affecté à la cause des sans-papiers, tel n’est pas le cas à l’ULB où ceux-ci n’ont pu trouver refuge que dans le Hall des sports de l’Université. Une situation que dénonce aujourd’hui le Cercle des Etudiants Libéraux de l’ULB (CEL) qui regrette que l’occupation des sans-papiers doive avoir pour conséquence « de priver des étudiants d’outils indispensables à leurs études » et d’estimer que celle-ci ne peut plus raisonnablement perdurer.

Dans un communiqué paru ce lundi, le CEL invite particulièrement les étudiants à s’inquiéter de l’instrumentalisation, par quelques groupes d’extrême-gauche de l’ULB, de la cause des sans-papiers et des drames humains que vivent bon nombre de ceux-ci. « Les sans-papiers doivent pouvoir rester maîtres de leur combat et ne pas faire l’objet d’une récupération malsaine« , affirme les Etudiants Libéraux bruxellois.

Le CEL dénonce aussi fermement le blocage du dossier « sans-papiers » au sein du Gouvernement. « Un manque manifeste de courage sur la question » et « une hypocrisie qui ne fait qu’empirer la situation« , estime-t-il à propos de la majorité fédérale qui peine toujours à aboutir à un accord sur le texte d’une circulaire de régularisation.

Rappelant, enfin, la position commune aux Etudiants Libéraux, le CEL appelle le Gouvernement fédéral à l’établissement de critères de régularisation clairs, permanents et objectifs, en ce compris celui de l’attache durable.

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  • Géraud Hougardy dit :

    Le Cercle des Etudiants Libéraux et le principe de réalité.

    Il y a peu, la Dernière Heure publiait dans ses colonnes une information d’une rare qualité : le communiqué du Cercle des Etudiants Libéraux de l’ULB.

    Ainsi, le lecteur a pu prendre connaissance de l’opinion des Etudiants Libéraux par rapport à l’occupation du Hall des sports.

    Ce communiqué commence par cette phrase forte : « Une telle action (…) ne peut plus continuer. » Alors évidemment, dit comme ça, ça parait un peu pauvre au niveau de l’argumentation. Pourquoi une telle action ne peut plus continuer ? Parce qu’elle a « pour conséquence de priver des étudiants d’outils indispensables à leurs études. » Ca fait sérieux, on dirait qu’ils se sont renseignés.

    Les étudiants d’éducation physique seraient-ils en chômage technique ? Et bien, pas de chance, ils ont été recasés sur le campus Erasme. A vrai dire, l’ULB réussit à gérer l’ensemble de ses cours sans ce hall des sports. Rassurerons les Etudiants Libéraux : les cours d’éducation physique se donnent toujours dans notre Alma Mater ! Donc, si « pénalisation » des étudiants il y a, ça reste très supportable puisque les missions d’enseignement sont assurées. Quant à savoir si les sans-papiers sont pénalisés eux d’être des personnes illégales, on n’oserait pas poser la question au CEL de peur de paraître désagréable.

    Bon, mais cette occupation sur notre Campus, ça fait quand même tache, et après tout on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Ce point est la deuxième ligne force du communiqué de presse du CEL : « Car, s’il s’agit de venir en aide aux personnes sans logement, pourquoi dès lors, ne pas prendre en charge l’ensemble des sans-abris de Bruxelles, sans discrimination ? » Et la suite : « C’est pourquoi, afin que l’Université Libre de Bruxelles soit consistante avec elle-même, nous l’invitons à accueillir dans ses locaux, chaque jour, de 22h00 à 6h00, l’ensemble des personnes qui n’ont pas la chance d’avoir un toit. » De nouveau un lourd argument à disséquer. Laissons le soin de la digestion au lecteur.

    Ah voilà, la suite : « Le laissez faire de l’ULB est une prise de position politique qu’elle n’assume pas. » Cette fois, faisons preuve d’un peu de charité herméneutique et interrogeons réellement la phrase. « Laissez-faire » ? Ha bon, il me semblait que le CA avait créé un Comité chargé de faire la liaison et de soutenir les sans papiers. Doit-on accuser ce Comité de ne rien faire ? Et les étudiants ? Tous absents ? Mais que font les libéraux ? « Prise de position politique » … oui… vous êtes allergiques ? Le CA devrait retirer ses motions de soutien à la cause des sans-papiers ? Ou vous voulez dire que l’ULB devrait s’occuper de ses parts de marché plutôt de que « politique » ?
    « Qu’elle n’assume pas. » Généralement quand on n’assume pas quelque chose on en fait pas des communiqués de presse, mais soit.

    Continuons. « Le CEL invite chacun, et particulièrement les groupes idéologiques et politiques de l’ULB, à ne pas instrumentaliser les drames humains qui se cachent souvent derrière cette appellation de sans-papiers. » On notera évidemment que les étudiants qui soutiennent activement les sans-papiers sont forcément des manipulateurs qui ne cherchent qu’à instrumentaliser la douleur des autres, mais surtout on appréciera que les Etudiants Libéraux, entrepreneurs de morale, dénoncent ces « groupes idéologiques » pour le bien même des sans-papiers. La condamnation de ceux qui se bougent le cul, se fait, et on verserait bien une larme, justement parce que les libéraux, eux, savent le drame qui se joue et savent prendre la défense des démunis, sans-abris, sans-papiers… enfin tant qu’on les voit pas sur notre campus naturellement.

    Bref, « cessons cette surenchère qui n’aura pour conséquence que de crisper les positions des parties en présence. » Cessez de luttez pour vos droits, cessez de vous sentir solidaire, vous allez braquer le gouvernement. Rentrez chez vous bonnes gens !

    Et maintenant, la partie la moins pourrie du communiqué. Le CEL exhorte le gouvernement à prendre une position ! Allelujah, quand même une phrase sensée dans un océan d’inepties.

    Chers amis Libéraux, le libéralisme ça a aussi été les droits de l’homme, l’égalité de tous les citoyens et le rêve d’une société plus juste. Vous n’auriez pas pu vous en rappeler au lieu de céder à cette rhétorique anti-gauchiste puante ?

    Pourquoi ne pas avoir mis le MR face à ses responsabilités ? Est-ce que vous manquez de courage politique ou bien vous n’avez simplement rien compris ?

    Géraud Hougardy
    Etudiant administrateur de l’ULB

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