Supprimer le critère de réussite pour l’octroi d’une bourse : la FEL dit non

By 14/07/2016Communiqués

Le Ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, vient d’annoncer en compagnie de Brieuc Wathelet, le Président de la Fédération des Étudiants Francophones (FEF), la suppression du critère de réussite dans l’octroi des bourses aux étudiants dès la rentrée académique de cette année. Si cette mesure peut sembler, de prime abord, être une bonne nouvelle, la Fédération des Étudiants Libéraux (FEL) s’y oppose néanmoins farouchement.

Selon nous, il est tout à fait naturel d’attendre des résultats encourageants de l’étudiant lorsque l’État, et plus précisément la Fédération Wallonie-Bruxelles dans ce cas, investi dans la réussite de ses citoyens. La formule qui était alors en place pour l’octroi ou non d’une bourse allait dans le bon sens. Celle-ci combinait l’évaluation de la situation socio-économique de l’étudiant avec un critère de réussite qui permettait néanmoins un seul redoublement, ce que la FEL a toujours défendu.

Avec ce nouveau système, une fois de plus, l’aspect réussite ne réside pas au cœur de la démarche. Il est indéniable que cette mesure entrainera la présence d’étudiants boursiers « perpétuels » dont l’objectif ne sera pas la réussite mais de tout simplement profiter de la largesse du système.

Le Ministre explique la suppression de ce critère de réussite suite au Décret Paysage qui annule le concept d’année d’étude au profit des seuls blocs « baccalauréat » et « master ». Toutefois, cet argument n’en est absolument pas un étant donné que la première année d’étude académique, par exemple, est considérée comme réussie par les universités lorsque l’étudiant a obtenu 45 crédits (sur 60).

Selon le cabinet du Ministre, cette nouvelle mesure devrait augmenter de 10% le budget affecté aux bourses d’étude, ce qui représente environ 3,5 millions d’euros supplémentaires, alors que l’Inspection des finances tablerait sur une augmentation de 8 millions d’euros… Toutefois, au-delà de cette guerre de chiffres, l’impact budgétaire ne s’arrêtera pas au seul budget dévolu aux bourses. En effet, suites aux effets pervers de cette mesure, c’est le budget général consacré à l’enseignement supérieur qui risque d’augmenter lorsque l’on sait qu’une année d’étude supérieure coûte en moyenne 10 132 € à la Fédération Wallonie-Bruxelles, d’après les chiffres présentés par l’UCL, et qu’un étudiant boursier reçoit à la place annuellement en moyenne 1080€.

Ainsi, si la Fédération Wallonie-Bruxelles a les capacités d’augmenter de 3,5 millions d’euros, voire de 8 millions le budget consacré aux bourses d’études, pourquoi le Ministre Marcourt n’a-t-il pas préféré élargir les critères financiers ? Selon la FEL, ce choix aurait-été bien plus judicieux car, premièrement, seuls les familles aux revenus particulièrement modestes peuvent prétendre à l’octroi d’une bourse, deuxièmement, les effets d’aubaine auraient été nettement moindre comparativement à la mesure défendue par la FEF, et, troisièmement, le critère de réussite serait resté au cœur du projet de l’enseignement supérieur.

Pour finir, malgré ce choix que nous ne soutenons guère, nous tenons à noter un élément positif. Il a en effet été décidé par le Ministre de globaliser les revenus du ménage au lieu de se baser sur le seul avertissement extrait de rôle. Le modèle précédent de calcul entrainait indéniablement des abus, en premier lieu pour les enfants de parents divorcés qui se domiciliaient chez le parent aux revenus les plus faibles afin de bénéficier d’une bourse d’étude, par exemple.

Cédric Pierre,
Président de la FEL
0478/ 22 53 54

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