Un paysage nuageux pour l’enseignement supérieur

By 25/10/2013News

Beaucoup d’encre a coulé depuis l’annonce officielle de la réforme de l’enseignement supérieur. De nombreux changements étaient espérés, des réponses, des solutions… bref, une évolution positive. C’est donc fort de cette attente que le Ministre Marcourt avait  lancé son projet en promettant de mettre l’étudiant au centre des priorités.

Malheureusement, la première lecture du projet n’avait convaincu  ni le monde politique ni celui du supérieur. De multiples changements ont alors été apportés mais à nouveau, le manque de réflexion sur le financement, l’exagération de la mobilité et les regroupements (très complexes !) entre hautes écoles et universités sont pointés du doigt.

A l’époque, la Fédération des Etudiants Libéraux vous faisait part de ses propres doutes sur la réforme. Des interpôles inutiles, un financement inexistant, un seuil de réussite à 10/20,… Impossible pour nous de concevoir de tels agissements. La FEF et l’UNECOF partageaient d’ailleurs notre avis.

Mais voilà, après de mois de dur labeur, des compromis sont trouvés afin de satisfaire les différents partenaires. Et aujourd’hui, la commission de l’Enseignement supérieur a approuvé ce changement de paysage. Les membres de l’Olivier ont d’ailleurs accueilli le projet à bras ouverts et les changements se feront déjà sentir lors de la rentrée académique de 2014.

Des réticences d’hier, nous gardons aujourd’hui un silence pour certains et une mine à moitié réjouie pour d’autres…

Pour nous l’aménagement du paysage c’est avant tout…

… des interpôles qui ressemblent à s’y méprendre à des coquilles vides…

Ceux-ci sont chargés de la réussite des étudiants et de l’enseignement de type court. Sachant que ces deux domaines sont déjà gérés par l’ARES et les pôles quelle est l’utilité d’instaurer un autre niveau de gestion ? Cela fait clairement double emploi et complique sérieusement le système.

… Une crainte de politisation de l’ARES…

Les personnes nommées à la gouvernance de l’ARES le seront par leurs pairs… Nous pouvons donc imaginer que certains tenteront de placer leurs « pions » en faisant jouer la loi du plus convaincant.

…  le regroupement programmé…

Les Etudiants Libéraux ne peuvent  nier leur attachement au principe de saine concurrence de l’enseignement supérieur. La réforme fait pourtant un tri dans l’offre de l’enseignement en supprimant le double emploi freinant ainsi la liberté de l’enseignement et la liberté d’association.

… des cours à la carte…

Les étudiants pourront, à partir de 2014, choisir leurs cours à la carte jusqu’à obtenir un total de 60 crédits. Heureusement, ce ne sera pas à la Fédération des étudiants libéraux de gérer les conflits horaires, les problèmes de locaux, d’examens, de quota d’étudiants…

… un nivellement vers le bas…

Dorénavant, le seuil de réussite ne sera plus à 12/20 comme dans tous les pays signataires du décret de Bologne mais bien à 10/20. A l’heure de l’internationalisation de l’enseignement, la Fédération des Etudiants Libéraux estime que cette mesure nuit gravement aux universités et à leur position sur la scène internationale. De plus, le système de cotation est plus que discutable puisqu’il peut être modifié au cas par cas. Saluons donc l’envie du gouvernement de prôner la réussite des étudiants à n’importe quel prix…

… des systèmes qui se chevauchent …

Pas de moratoire prévu à l’heure actuelle… Le résultat serait donc une période (plus ou moins longue) durant laquelle deux systèmes seront amenés à  se chevaucher. Cela signifie concrètement que les nouveaux étudiants bénéficieront du nouveau paysage et que les anciens continueront leur petit bonhomme de chemin. Très pratique au niveau de l’organisation et de la gestion des étudiants n’est-ce pas ? Nous souhaitons déjà bonne chance aux différents services administratifs.

Voilà donc quelques propositions du décret que nous jugeons plus que discutables. Et cela vient renforcer notre étonnement  face au mutisme des syndicats étudiants ou d’autres acteurs qui, il y a quelques mois encore, contestaient l’efficacité du nouveau paysage.  Nous supposons donc que les compensations attendues sont à la hauteur de leur silence mais espérons que nous ne serons pas les seuls à pointer les incohérences restantes du doigt.

Mais ce n’est pas tout, nous nous devions de finir en beauté avec l’absence de réflexion sur le mode de financement de cette nouvelle réforme. La question est pourtant, en cette période de crise,  des plus importantes. Cela aurait dû, selon nous, être étudié, dans les grandes lignes avant la réforme puis travaillé en parallèle. Le Ministre Marcourt nous a informés qu’une réflexion sur les modifications du financement de l’enseignement supérieur va être travaillée et qu’elle sera présentée d’ici quelques mois… Rappelons tout de même à notre cher Ministre que 2014 est une année électorale et que, d’ici quelques mois, nous aurons un nouveau gouvernement. Beau moyen donc de passer discrètement la patate chaude à son successeur s’il ne rempile pas pour le poste…

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