Clichés et idées fausses sur le libéralisme

« Libéral », ce mot sonne parfois mal dans la bouche de certains… 

Le libéralisme est perçu par certains comme un frein majeur à la protection sociale, une manière de penser qui découlerait sur le capitalisme néfaste pour notre planète et les travailleurs.  Pour d'autres, c'est tout le contraire !  Ils y reconnaissent le moyen de lutter contre l'oppression, la possibilité de veiller au respect de l'individu, une manière de défendre les droits de chacun.

Voici un petit tour des clichés et idées fausses sur le libéralisme. Nous, Etudiants Libéraux, avons tenté de les déconstruire pour redonner à l’idéologie, qui est la nôtre, toutes ses lettres de noblesse. 

 

Les libéraux sont racistes

Les libéraux considèrent que les individus sont tous différents et qu’ils ont tous des caractéristiques qui n’appartiennent qu’à eux. Croire que les gens se définissent en fonction de l’appartenance à un groupe est une idée fausse car même au sein d’une famille ou du groupe le plus petit qui soit, il existe de nombreuses différences. Cette idée est propre au collectivisme. Les libéraux sont incapables d’être racistes car, justement, le racisme est une idée collectiviste.

Les racistes s’intéressent exclusivement à ce qui profite aux gens qui leur ressemblent. Les racistes considèrent que tout ce qui est extérieur à eux est une menace. Contrairement à eux, les libéraux pensent que leurs valeurs libérales sont bonnes pour l’ensemble de l’humanité. Pour rappel, ce sont les libéraux qui ont écrit la première Déclaration universelle des droits de l’homme.

Pour un libéral, la liberté d’aller et venir doit être totale (libre circulation des biens et des personnes). Immigrer et émigrer sont des droits fondamentaux. Depuis plus de 3000 ans, des commerçants européens sont entrés en contacts avec des pays lointains pour échanger des produits et des idées, rencontrer de nouvelles cultures, dialoguer avec des étrangers.

Une société libérale attire les produits de tous les autres pays ainsi que les hommes et les femmes de tous les autres pays. Quelles sont les sociétés au monde où l’on retrouve la plus grande diversité d’étrangers ? Ce sont les sociétés libérales. Par exemple, Bruxelles abrite quelques 170 nationalités ; ce n’est pas un hasard. Les sociétés cosmopolites sont les sociétés les plus libres, celles où tout est possible, celles où le travail est récompensé, celles où les droits de chacun sont respectés.

En clair, les libéraux s’opposent au racisme car, à leurs yeux, les hommes ont tous la même valeur et ont tous le droit d’être libres.

 

Les libéraux sont élitistes et les ennemis de l’égalité

On entend parfois que les libéraux défendent la liberté au détriment de l’égalité alors que les socialistes défendraient l’égalité au détriment de la liberté. C’est une erreur : la défense de la liberté finit, à la longue, par favoriser l’égalité.

Comme le disait Margaret Thatcher en 1976 :« les nations qui recherchent l’égalité, comme les pays derrière le rideau de fer, n’obtiennent (…) ni l’égalité ni la liberté. Les nations qui, comme nous par le passé, visent la liberté comme l’objectif fondamental étendu à tous, aboutissent à la liberté, à la dignité humaine et à beaucoup moins d’inégalités que d’autres peuples».

Quand le penseur libéral français Alexis de Tocqueville débarqua en Amérique en 1831, ce qui le frappa le plus dans cette société libérale, c’était le fait qu’il s’agissait d’une société égalitaire ; une société où la classe moyenne était majoritaire.

Le libéralisme a créé la classe moyenne et a enrichi la classe la plus pauvre. A ce point de vue, aucun régime économique n’a surpassé le libéralisme et la population mondiale n’a jamais été aussi riche que maintenant.Tous les autres systèmes économiques qui ont été essayés sur terre sont plus inégalitaires que le libéralisme : maîtres-esclaves dans l’Antiquité,  seigneurs-paysans au Moyen Age. Même dans le régime communiste, visant l’égalité absolue, les écarts de fortune entre le peuple et les dirigeants du parti étaient gigantesques.

Les libéraux ont toujours défendu l’égalité en droit : chacun jouit des mêmes droits quelle que soit sa fortune, ses croyances, ses opinions, son origine, sa culture, sa religion, son sexe, sa couleur de peau, etc. Mais il est clair que l’égalité socio-économique n’est pas un objectif libéral car le libéralisme laisse à chacun la liberté de choisir son mode de vie. Dans une société libérale, il peut exister des différences importantes entre le niveau socio-économique de chacun. Ces dernières peuvent résulter de la chance (un héritage, le hasard, la possession de talents exceptionnels, etc.) mais elles sont, aussi et surtout, la conséquence de choix de vie personnels, de priorités, du travail, de la persévérance, du mérite, de la prise de risque, etc.  

Du côté de l’égalité des chances, les libéraux sont des pionniers : ce sont eux qui se sont battus pour instaurer ce principe ainsi que l’instruction obligatoire et ce, bien avant l’apparition du POB (Parti Ouvrier Belge). Traditionnellement, ce principe libéral d’égalité des chances considère que les inégalités des revenus, de prestige, etc. sont justifiées si et seulement si il y a une juste compétition dans l’attribution des postes et positions qui procurent ces avantages.

En clair, si les libéraux sont perçus comme élitistes, ils sont surtout défenseurs de l’égalité sous toutes ses formes et de la valorisation des compétences.

 

Les libéraux privilégient les riches et sont antisociaux

On entend parfois des gens affirmer que les libéraux voudraient supprimer la sécurité sociale.
C’est à la fois une bêtise et un mensonge.

Pourquoi ? Pour trois raisons :

La sécurité sociale existe majoritairement dans des pays libéraux.  Pourquoi ? Il est clair que pour redistribuer la richesse, il faut d’abord la créer. Dans les pays qui ne connaissent pas l’économie de marché, la sécurité sociale n’existe pas. Ce sont alors des églises, des groupes religieux ou des associations diverses qui se chargent de la charité. Seul un Etat libéral permet de garantir une sécurité sociale performante et moralement neutre.

Les libéraux, ont participé activement à la création de la sécurité sociale en Belgique.

De grands noms du libéralisme belge comme Charles Rogier, Walthère Fère-Orban ou encore Paul Janson ont ardemment défendu la sécurité sociale en demandant au parti catholique de voter des lois protectrices des travailleurs (1860), en créant la Caisse Générale d’Epargne et de Retraite (1865) ou encore en défendant les évolutions législatives en matière de suffrage universel, d’instruction pour tous, de droit du travail (repos dominical, assurance pour tous,…) (1893).  Les socialistes ont contribué, à leur manière, à la création de la sécurité sociale mais encore une fois, sans système économique dégageant un surplus de richesses (le libéralisme).  Dans pareille situation, aucun Etat-Providence n’aurait été possible.

La priorité des libéraux aujourd’hui est justement de sauver la sécurité sociale qui a été mal gérée.

En effet, les politiques socialistes et socio-démocrates ont endetté l’Etat de manière incontrôlée et incontrôlable. Les socialistes prétendent défendre les pauvres grâce à la sécurité sociale. Mais qui défend la sécurité sociale ? Réponse : Les libéraux !!
           
S’il faut actuellement réduire les dépenses, c’est pour sauver la sécurité sociale, pas pour appauvrir les gens. Il faut défendre la sécurité sociale envers et contre tout, y compris contre ses faux-amis. Certains syndicalistes ne veulent pas qu’on réduise le budget de l’Etat. Pourquoi ? Pour protéger leurs propres syndiqués. Mais ils « oublient » les intérêts des autres travailleurs. Ils « oublient » les intérêts des chômeurs. Ils « oublient » les intérêts des générations futures. Ils « oublient » les enfants qui, plus tard, seront aussi des retraités, etc. C’est pour cela qu’Elio Di Rupo lui-même, pourtant socialiste, leur a déclaré récemment qu’ils risquaient, en s’entêtant, de « précipiter le pays dans l’abîme ».

En clair, les libéraux ne défendent aucun groupe social particulier. Ils défendent l’individu avant tout. En tant que défenseur d’une doctrine universelle, ils croient à l’égalité en droit : ils ne privilégient personne et ne désavantagent personne.

 

Les libéraux sont conservateurs

Le libéralisme est une doctrine progressiste et non pas une doctrine conservatrice. Deux choses ne doivent pas être confondues : la distinction progressisme/conservatisme et la distinction gauche/droite.

Le fait d’associer les libéraux aux conservateurs suppose généralement de les voir comme des gens « de droite ». Mais cette notion de droite est toujours relative et dépend du contexte politique de la société. Ainsi, Obama est « à gauche » des Républicains américains mais se situe « à droite » du PS, du cdH et à droite du MR (au niveau de certaines valeurs). A la fin du XIXème siècle, face au parti catholique conservateur, le parti libéral incarnait la gauche en Belgique. De nos jours, les libéraux belges sont, selon les termes du président du MR, Charles Michel, objectivement situés – ici et maintenant – au « centre-droit » sur l’échiquier politique. Mais, cela pourrait changer si un parti apparaissait à la droite du MR (comme la NVA en Flandre) ou si un parti de gauche se rapprochait plus du centre-droit. Etre « de droite » est donc quelque chose de très relatif.

Appartenir à la « droite » et être « conservateur » sont deux choses différentes. Fondamentalement, les partis libéraux ne sont pas des partis conservateurs car le conservatisme s’enracine dans la conviction soit que rien ne doit être changé, soit que le passé doit être restauré. Or, le libéralisme a toujours combattu le statu quo et s’est toujours tourné vers le futur, notamment lors de grands combats sociétaux comme le vote des femmes, le recours à l’avortement, la défense des droits des homosexuels,… En matière d’immigration, le régime libéral a permis aux sociétés de faire converger vers elles des personnes venant des quatre coins du monde. En matière économique, le libéralisme défend une conception dynamique de l’économie qui stimule le rattrapage économique par la généralisation du libre-échange entre les peuples. Le conservatisme crée toujours de l’injustice et des privilèges ! À bien y regarder, certaines formations politiques « de gauche » prônent clairement le statu quo en valorisant des acquis sociaux rigides, qui découragent les employeurs d’engager de nouveaux employés, en causant ainsi du tort à nos travailleurs.

En clair, encore une idée fausse : le progressisme est un des moteurs de l’idéologie libérale.

 

Les libéraux sont responsables de la crise financière

Lors de la dernière crise financière, l’Etat est intervenu pour sauver les banques de la faillite.

Il faut clairement distinguer le libéralisme du capitalisme :

La crise financière n’est pas la preuve de l’inefficacité ou du caractère nocif du capitalisme mais la preuve d’une corruption, d’une maladie du capitalisme qui s’est développée en raison de l’action de l’Etat (beaucoup plus par son action que par son inaction).

En clair, face aux dérégulations du monde financier, nous devons restaurer  cette valeur qui est la plus fondamentale: la liberté, et son corollaire obligé : la responsabilité.

 

Les libéraux favorisent les patrons

Cette idée fausse est malheureusement très répandue. Il faut dire et redire constamment que la défense de l’individu (et non des groupes) est au cœur du libéralisme.

Il est pour le strict respect des engagements contractuels librement consentis et s'oppose à tous les groupes qui font pression sur le monde politique pour décrocher des avantages et des privilèges. Il s'oppose à l'Etat quand ce dernier, favorisant des groupe organisés, opprime fiscalement l'individu, rabote ses libertés ou lui confisque des droits pour financer ces avantages et privilèges.

Le libéralisme a toujours eu à cœur de valoriser le travail, le goût de l’effort et de la chose bien faite. Face à cela, il est clair qu’actuellement, notre système comporte des défaillances. Notamment le coût du travail avec, comme conséquence directe, une externalisation de la chaîne de production. La rigidité des acquis sociaux, défendue massivement par les syndicats, n’est actuellement plus soutenable.

Face à ce phénomène, les pouvoirs publics ont parfois, par pragmatisme, accordé des avantages fiscaux, des niches fiscales, des facilités (exonérations des droits d’émission de CO2), des subsides, des tarifs préférentiels pour un certain nombre de fournitures (électricité, etc.) à certaines entreprises. C’est là combattre l’injustice par une autre injustice. En effet, il est injuste de surtaxer le travail qui procure des richesses et des emplois. Mais il est encore plus injuste, pour atténuer les effets de cette première injustice, de favoriser certains employeurs (et certains travailleurs) en exigeant moins d’eux que ce qu’on exige des autres. Cette attitude politique est tout sauf libérale. Cette attitude a pour nom « capitalisme de connivence ». Elle est le fruit d’une complicité entre certaines élites politiques (tous partis confondus) et certaines élites économiques bien introduites dans le monde politique. Elle favorise l’opportunisme, la corruption, la stagnation et l’immobilisme.

En plus d’être injuste, cette politique ne fonctionne pas. On vient  de le voir avec le désengagement de Mittal par rapport à la phase à chaud dans la région liégeoise : les pouvoirs publics lui avaient consenti un grand nombre de cadeaux. Il en a profité pour jouir des avantages pendant plusieurs années avant de décider de partir. 

En clair, plutôt que de procéder à des « cadeaux fiscaux », les libéraux sont partisans d’une réduction généralisée des impôts qui profiterait à tout le monde sans exception et qui permettrait de relancer l’activité économique.

 

 

 

 

En clair, être libéral, c’est…